Enquête LaVallée – Article 3/5

Enquête LaVallée – Article 3/5
Des émissions de gaz à effet de serre très élevées

Où va le futur quartier LaVallée ?

  • Une densité très forte en comparaison de tous les autres quartiers de notre ville
  • De futurs îlots de chaleur majeurs, annoncés par des études d’experts
  • Des techniques de construction à fort impact carbone et de futurs immeubles peu innovants sur le plan énergétique dans la grande majorité des cas
  • Un chauffage par géothermie abandonné pour le moment
  • Ce nouveau quartier mérite-t-il réellement le qualificatif d’« Ecoquartier »  ?

Une enquête en 5 articles

Article 3/5 : LaVallée, un coût carbone très élevé

Continuons notre point sur l’évolution du nouveau quartier LaVallée, localisé sur le site de l’ancienne Ecole Centrale à Châtenay-Malabry, et dont l’aménagement a commencé il y a bientôt cinq ans.

Les deux articles précédents ont décrit l’extrême densité du quartier, et comment les ilots de chaleur le transformeront en fournaise lors des épisodes de canicule.

Pour concevoir et construire les futurs bâtiments du quartier LaVallée, les promoteurs ont dû choisir quelle norme de construction appliquer.

Lors des choix initiaux, ils étaient dans l’obligation d’appliquer a minima l’ancienne norme RT 2012 (Réglementation Thermique 2012). Mais, à cette époque, la nouvelle norme RE 2020 était déjà quasiment définie et votée et cette norme prévoyait d’imposer une isolation thermique très élevée pour le bâti mais aussi une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre pendant toute la phase de construction et tout au long de la vie du bâtiment.

Ainsi, cette nouvelle norme prend en compte le coût carbone des matériaux utilisés pour la construction des bâtiments neufs, mais aussi des matériaux constituant les anciens bâtiments démolis : elle s’appuie sur le fait que, pour l’environnement comme pour le climat, il est hautement préférable de réhabiliter des bâtiments existants plutôt que détruire et reconstruire (voir réf 1 en bas d’article).

Pourtant, le projet LaVallée a choisi de détruire les bâtiments existants (anciens bâtiments de l’Ecole Centrale) et de tout reconstruire.

La norme RE2020 prend aussi en compte les nuisances chimiques des matériaux, des revêtements, etc. Ce n’est plus seulement une norme thermique (RT), c’est désormais une norme environnementale (RE).  Votée dans le cadre de la loi ELAN de 2018, elle est applicable aux nouveaux logements depuis le 1er janvier 2022.

Des constructions carbonées

Pour le quartier LaVallée, l’Association Syndicale Libre des promoteurs a finalement choisi une étiquette de construction intermédiaire entre RT 2012 et RE 2020 : le label E3C1 (gain de 20% d’efficacité énergétique par rapport à l’ancienne norme RT 2012 ainsi qu’une réduction des émissions de CO2 lors de la construction et du chauffage). Ce choix est restrictif par rapport à RE 2020, en particulier pour les bâtiments qui devaient être livrés à l’origine en 2024 et le seront aux dernières nouvelles, plutôt en 2026 ou 2027.

C’est ainsi, que le choix constructif des ouvrages de la phase 1 & 2 s’est porté vers le tout béton. Un choix déplorable quand on connait l’impact environnemental de ce matériau. Même si, comme le rappelle systématiquement notre Mairie, une part des gravats de la déconstruction de l’école centrale a été incorporé dans le béton de ces nouveaux bâtiments, l’économie de CO2 ainsi générée (600 tonnes de CO2) est « dérisoire face à ce qu’aurait représenté la conservation de l’existant : 2600 tonnes pour le seul bâtiment Olivier, 8100 pour l’ensemble du bâti » (voir page 38 et annexe du rapport en réf 2 en bas d’article), et négligeable également par rapport aux économies d’émissions de gaz à effet de serre qu’aurait permis le choix d’autres matériaux que le béton.

Ce choix de départ est d’autant plus regrettable que des méthodologies constructives alternatives existent, permettant d’atteindre un bilan carbone plus léger, une consommation énergétique moindre et un confort des habitants plus élevé.  Nous aurions aussi pu profiter d’immeubles en bois et / ou en pierre, comme il en existe déjà de nombreux en France, voire des bâtiments en terre de type pisé, et bénéficier ainsi d’une qualité architecturale et urbaine certaine.

Mentionnons tout de même le groupe scolaire de LaVallée, exemplaire d’un point de vue de l’écoconstruction, puisque réalisé en pisé, et incluant des agrégats de bétons recyclés et des planchers bois.

Source et bibliographie :

  1. Aloïs Fournier et Olivier Papin, ingénieurs E6 consulting. Article Limiter son empreinte carbone dans le secteur de la construction. Disponible ici : https://conseils.xpair.com/actualite_experts/limiter-empreinte-carbone-construction.htm
  2. Fuseau, T. Mondot, P. Gonzalez Burgos. 2020. Coup de chaud à La Vallée : Symptôme d’une conception urbaine inachevée, Ecole d’architecture de la ville & des territoires Paris Est. Disponible à l’adresse ci-dessous :

https://fr.calameo.com/read/00396868876a4230a6823

Enquête LaVallée – Article 2/5

Enquête LaVallée – Article 2/5
Une future fournaise lors des épisodes de grandes chaleurs

Où va le futur quartier LaVallée ?

  • Une densité très forte en comparaison de tous les autres quartiers de notre ville
  • De futurs îlots de chaleur majeurs, annoncés par des études d’experts
  • Des techniques de construction à fort impact carbone et de futurs immeubles peu innovants sur le plan énergétique dans la grande majorité des cas
  • Un chauffage par géothermie abandonné pour le moment
  • Ce nouveau quartier mérite-t-il réellement le qualificatif d’« Ecoquartier »  ?

Une enquête en 5 articles

 Article 2/5 : LaVallée, une future fournaise lors des épisodes de grandes chaleurs

 Continuons notre point sur l’évolution du nouveau quartier LaVallée, localisé sur le site de l’ancienne Ecole Centrale à Châtenay-Malabry, et dont l’aménagement a commencé il y a bientôt cinq ans.

L’article précédent a décrit comment la première approche du quartier révèle un ensemble d’une extrême densité.

Pour les gens un peu plus curieux, Internet offre une autre approche du quartier, avec l’accès à un rapport d’études sur le projet. Il s’agit d’un rapport de l’Ecole d’architecture de la ville et des territoires Paris-Est produit en 2019-2020, et intitulé : « Coup de chaud à LaVallée – Symptôme d’une conception urbaine inachevée » (rapport complet : voir réf 1 en bas d’article).

Cette étude se base sur des études techniques très poussées, avec des simulations assistées par ordinateur de l’impact des futures fortes chaleurs estivales et des épisodes de canicule sur la vie des habitants du quartier, compte-tenu de sa densité, des matériaux choisis et de sa forte minéralisation.

Ilots de chaleur

Certains paragraphes apportent de vives critiques sur la conception de ce quartier.

Par exemple : « En 2050 (rapports du GIEC) le climat parisien devrait ressembler au climat de Cordoue en Andalousie aujourd’hui ».  « La grande majorité des logements suit un schéma où un escalier et un couloir distribuent jusqu’à huit logements. Regrettablement, il en résulte des appartements majoritairement mono-orientés. Malgré la prescription des urbanistes de favoriser les typologies traversantes, elles sont au mieux en angle et sans possibilité de ventiler correctement. Des logements orientés à l’ouest seront une fournaise. Les deux places sont des zones à risque, tout particulièrement la place LaVallée, au sud, qui ne profitera d’aucun masque et est donc exposée à presque 100% de l’ensoleillement au mois d’août. »

On y découvre tous les choix qui vont conduire à la constitution d’îlots de chaleur et un certain nombre d’actions qui auraient grandement amélioré la conception de ce quartier.

Et la fin est sévère : « En conclusion, les îlots de chaleur évoqués dans ce rapport ne sont que le symptôme d’une conception obsolète de la ville, qui ne répond plus aux enjeux de confort, ni à l’échelle locale, ni à l’échelle globale ».

Carte du climat : ensoleillement. Etude PoCa. Rayonnement incident moyen du à la période la plus chaude de l’année, du 2 au 10 août.

Source et bibliographie :

  1. Fuseau, T. Mondot, P. Gonzalez Burgos. 2020. Coup de chaud à La Vallée : Symptôme d’une conception urbaine inachevée, Ecole d’architecture de la ville & des territoires Paris Est. Disponible à l’adresse ci-dessous :

https://fr.calameo.com/read/00396868876a4230a6823

Enquête LaVallée – Article 1/5

Enquête LaVallée – Article 1/5
Un quartier extrêmement dense

Où va le futur quartier LaVallée ?

  • Une densité très forte en comparaison de tous les autres quartiers de notre ville
  • De futurs îlots de chaleur majeurs, annoncés par des études d’experts
  • Des techniques de construction à fort impact carbone et de futurs immeubles peu innovants sur le plan énergétique dans la grande majorité des cas
  • Un chauffage par géothermie abandonné pour le moment
  • Ce nouveau quartier mérite-t-il réellement le qualificatif d’« Ecoquartier »  ?

Une enquête en 5 articles

Article 1/5 : LaVallée, un quartier extrêmement dense

Faisons le point sur l’évolution du nouveau quartier LaVallée, localisé sur le site de l’ancienne Ecole Centrale à Châtenay-Malabry, et dont l’aménagement a commencé il y a bientôt cinq ans. Voyons de plus près la manière dont la Mairie de cette ville gère un projet sur lequel elle a les mains complètement libres ; cela donne des indications peu prometteuses sur la gestion des projets à venir.

Rappel des grandes lignes du projet LaVallée

Le quartier s’étend sur une surface de 20,6 ha. Il est prévu d’y construire 2 200 logements dont 350 logements sociaux pour un total de 144 000 m² de surface de plancher, ainsi que 36 500 m² de bureaux pour le siège social de Lidl, 15 000 m² de commerces et 19 000 m² d’équipements publics : 1 collège de 700 élèves (28 classes), 1 groupe scolaire (22 classes), 1 gymnase, 1 crèche (60 berceaux), 1 parking (places publiques),  le tout étant agrémenté par des espaces publics le plus souvent minéralisés ainsi qu’une ferme urbaine de 0,5 hectare située le long de la voie du TGV (au lieu de 1 hectare prévu au départ dans le projet).

Les livraisons initialement prévues en trois phases au 4ème trimestre 2021, 4ème trimestre 2022 et 1er trimestre 2024 ont été retardées et les vendeurs parlent maintenant d’une répartition en 4 phases jusqu’en 2026 ou 2027.

L’aménagement de ce quartier est piloté par une SEMOP (Société d’économie mixte à opération unique) issue d’un partenariat public-privé entre la ville de Châtenay-Malabry, avec 34 % des parts, Eiffage Aménagement, avec 50%, et la Caisse des Dépôts et Consignation qui en détient 16 %.

Le rôle d’une SEMOP consiste à définir et piloter un projet d’aménagement avec l’aide d’un urbaniste, d’un paysagiste et d’un bureau d’études. Elle doit maîtriser le foncier, acheter le terrain, démolir/dépolluer et désamianter dans certains cas, créer les réseaux et les espaces publics, et vendre à des promoteurs des lots à bâtir. Elle veille ensuite à ce que les promoteurs respectent le cahier des charges du projet d’un point de vue urbain, architectural, paysager et environnemental.

Les droits à construire de logements pour particuliers ont été partagés entre plusieurs promoteurs : Kaufman & Broad, Eiffage Immobilier, Coffim et Icade Promotion. Ces quatre promoteurs ont constitué une Association Syndicale Libre qui définit les grands choix de construction. Lidl, étant son propre promoteur, assure la construction de ses bureaux.

Actuellement, le président de la SEMOP est Carl Segaud, maire de Châtenay-Malabry, et la présidente du directoire est Valérie Dioré (Eiffage Aménagement).

Un quartier hyper dense

Le premier contact que les habitants de Châtenay-Malabry ont actuellement avec ce quartier est le chantier de grande ampleur que l’on peut voir sur l’ancien site de l’Ecole Centrale. Là, s’élèvent de nombreux immeubles en béton, très proches les uns des autres, et dont certains font six étages.

Ce qui fait dire aux passants : « je ne vois pas ce qui différencie ce chantier de celui d’une ZAC comme on en voit partout ».

En effet, la densité des constructions, et celle de la population sera très élevée à LaVallée avec 107 logements à l’hectare – et cela sans compter, les surfaces de commerces, bureaux, et équipements publics.

A titre de comparaison, nous avons cherché quelques chiffres de l’INSEE pour Chatenay Malabry : 24 logements à l’hectare en moyenne, 39 logements par hectare sans inclure la surface de la forêt de Verrières ni celle des parcs comme celui de la Vallée aux Loups !  Et avec la Butte Rouge, on est à peu près à 50 logements à l’hectare.

La densité du quartier LaVallée sera celle de centres urbains très denses, assez proche de celle de Paris avec ses 132 logements à l’hectare (source INSEE- 2018).

En 2016 déjà, une étude très complète de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) présentait un « seuil « pivot » pour la ville durable autour de 80/100 logements par hectare », expliquant qu’au-delà de ce seuil, la qualité urbaine, la durabilité environnementale et la qualité de vie n’étaient plus au rendez-vous (étude complète : voir réf 1 en bas de l’article)

Mais cette information n’a pas dû arriver jusqu’à la Mairie de notre ville.

Rappelons, en outre, qu’aucune instance n’impose à Chatenay Malabry de construire autant de nouveaux logements. Surtout pas la région Ile de France ni la métropole du Grand Paris, dont la dernière tentative pour définir le nombre de logements à construire prévoyait pour Chatenay -Malabry un objectif de 150 logements par an. (voir réf 2 en bas d’article)

Avec LaVallée, la ville en prévoit 2200 en 5 ans, soit déjà 3 fois l’objectif régional envisagé. Et il faudrait y ajouter toutes les autres résidences actuellement en cours de construction dans la ville.

Source et bibliographie :

  1. DREAL Centre Val de Loire, Club des villes durables, étude « De la densité à la qualité urbaine : densités comparées et formes urbaines » du 5 octobre 2016, à partir de quartiers situés dans 22 agglomérations françaises dont Paris, Nantes, Bordeaux, Orléans, Lille, Rennes, Marseille, etc :

http://www.centre-val-de-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/De_la_densite_a_la_qualite_urbaine_densites_comparees_et_formes_urbaines.pdf

  1. Un Schéma Régional de l’Habitat et de l’Hébergement (SRHH) publié le 19 décembre 2017 par Michel Cadot, préfet de la région d’Île-de-France, définit les objectifs de construction annuels de nouveaux logements de la Région, et les décline entre la Métropole et chaque Communautés de Communes d’Ile de France en dehors de la Métropole.

La Métropole travaille depuis 2017 à un PMHH (Plan Métropolitain de l’Habitat et de l’Hébergement) qui déclinerait ses objectifs de construction de nouveaux logements par Territoire et commune. Ce PMHH n’est pas encore entériné, mais une version de travail a été discutée lors d’un conseil municipal de Sceaux, dont le procès-verbal indique les objectifs de construction de nouveaux logements proposés pour les communes du territoire Vallée Sud Grand Paris dont fait partie Chatenay-Malabry :

https://archives.sceaux.fr/sites/default/files/deliberations/2018-09-27/2018-09-27-NP-05%20-%20avis%20PMHH%2020092018.pdf

Où va le nouveau quartier LaVallée ?

La majorité municipale vote CONTRE une protection accélérée du Bois de Verrières

La majorité municipale vote CONTRE l’accélération de la protection du Bois de Verrières, proposée par le CCC, alors même que la mairie de Verrières avait voté «Pour» à l’unanimité !
On peut donc craindre le pire …

Le patrimoine forestier du Bois de Verrières subit de très fortes pressions : deux associations, « Les amis du Bois de Verrières » et « Les Amis de la Vallée de la Bièvre », constatent une urbanisation grignotante (environ 10 hectares boisés perdus en 10 ans), des coupes d’arbres accélérées, un appauvrissement de la biodiversité, des attaques sanitaires, sans parler des effets du changement climatique sur les espaces boisés.

La préservation et la conversation de ce patrimoine commun sont des enjeux majeurs, et seraient assurés de façon beaucoup plus vigoureuse par le classement du Bois de Verrières comme « Forêt de protection » qui interdirait tout changement d’affectation ou tout mode d’occupation du sol compromettant un peu plus l’intégrité du Bois de Verrières.

Les associations espéraient que le classement du Bois de Verrières comme « Forêt de protection » soit prévu dans le « PCAET » (Plan Climat Air Energie Territoire, élaboré par le Territoire Vallée Sud Grand Paris dont fait partie Chatenay-Malabry), mais cela n’a pas été le cas.

Ces 2 associations ont donc lancé il y a quelques mois une pétition pour une protection renforcée du Bois de Verrières, qui a recueilli plus de 1800 signatures, et a fait l’objet de réactions dans la presse (dont l’article du Parisien,  accessible ici).

Au Conseil Municipal de Verrières, fin Novembre 2021, un conseiller de l’opposition a proposé un vœu appelant la Mairie de Verrières à tout faire pour accélérer le classement du Bois de Verrières comme « Forêt de protection ». Après quelques modifications mineures du texte proposé, le vœu a été adopté à l’unanimité par l’ensemble du Conseil Municipal.

Les Conseillers Municipaux du CCC ont donc proposé au Conseil Municipal de Châtenay-Malabry de voter exactement le même texte lors de sa séance du 16 Décembre dernier. Le texte de notre vœu était le suivant (voir plus bas la version complète incluant les « considérants ») :

          Le conseil municipal de Chatenay-Malabry :

    • Exprime son soutien au principe du classement de la forêt domaniale de Verrières en forêt de protection,
    • Forme le voeu que celui-ci intervienne le plus rapidement possible,
    • Mandate Monsieur le Maire pour utiliser l’ensemble des moyens dont la ville dispose et demander à tous les services compétents que toutes les diligences requises soient mises en oeuvre pour parvenir à ce classement.

Contrairement à leurs collègues de Verrières (pourtant du même côté de l’échiquier politique), le maire et les conseillers de la majorité municipale de Châtenay-Malabry ont tous décidé de voter CONTRE.

Il faut dire que la Mairie de Chatenay-Malabry est souvent associée à la perte de surfaces boisées dans la forêt de Verrières (voir détail ci-dessous). C’est cela aussi, la « Ville Parc » !

Raisons invoquées par le Maire pour appeler à voter CONTRE notre vœu :

Le Maire s’est d’abord étonné que nous ayons présenté exactement le même vœu que celui présenté au Conseil Municipal de Verrières le Buisson, car « la situation géographique, l’histoire, et la sociologie des 2 villes sont différentes« . Nous ne voyons pas très bien le rapport.

Le Maire a ensuite longuement parlé de la « Ville Parc » et de l’importance de la « forêt urbaine » du Bois de Verrières, indiquant même qu’ « il est évident que le domaine forestier ne doit pas être morcelé et ne doit pas reculer face à la pression urbaine » : il nous semblait que le Maire était donc d’accord avec nous.

Puis le Maire nous a parlé d’une réunion dédiée au Bois de Verrières qui s’est tenue en octobre à la Mairie avec des représentants de la Région, du Département, du Territoire, de l’ONF (mais apparemment sans la ville de Verrières, pourtant concernée elle aussi). Lors de cette réunion, « ont été évoqués tous les projets qui concernent la ville et le Bois de Verrières : chemins sylvestres et équestres qui borderont la cité-jardin, pistes cyclables traversant le bois permettant une connexion vers l’Essonne et le Plateau de Saclay, création de voies cyclables et de mobilités douces nouvelles entre les départements de Hauts de Seine et de l’Essonne, le démonstrateur écologique … »

En contradiction avec ce qui avait été dit juste avant, le Maire a donc semblé annoncer un désensauvagement de la forêt qui pourrait devenir un parc urbain en continuité avec la ville.
Car sinon, de quels « projets » s’agirait-il ? Tout le monde sait que le Bois de Verrières est déjà parcouru par de très nombreux promeneurs à pied et à vélo qui le traversent dans d’excellentes conditions.

Finalement, arguant du fait que « le classement en forêt de protection demeure la compétence exclusive de l’Etat, et est d’ores et déjà à l’étude » et confirmant qu’il s’agit d’une « procédure longue », il a appelé la majorité à voter CONTRE notre vœu, alors que logique aurait voulu le contraire, puisque notre vœu appelait simplement la Mairie à faire son maximum pour accélérer une procédure trop longue et qui ne dépend pas que d’elle.

Pourquoi le CCC demande-t-il une protection accélérée du Bois de Verrières ?

Comme vous pourrez le lire dans notre dossier « Tram T10 » accessible ici et notre dossier « Butte Rouge » accessible ici :

  • Le plus gros grignotage récent du Bois de Verrières est dû aux 3,7 hectares rasés pour y construire le centre de remisage et d’entretien du Tram. Un autre site était possible qui aurait permis d’éviter ce massacre environnemental (tous les détails et documents au lien indiqué).

Au lieu d’accepter de sacrifier ces 3,7 hectares de forêt pour le Tram, la mairie de Châtenay aurait pu tenir tête à celle du Plessis-Robinson qui a vraisemblablement refusé d’implanter le centre de stockage du Tram dans la zone d’activité Noveos pour consacrer ce site à la promotion immobilière.

  • L’esprit de la « Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » de 2016 est de compenser toute atteinte à un milieu naturel par une compensation en qualité et en quantité à proximité immédiate du lieu impacté par le projet.

En l’occurrence, la compensation des 3,7 hectares de forêt détruits pour le Tram a été faite au Bois des Ecrennes en Seine et Marne, situé à plus d’une heure de route de Châtenay : un espace boisé par des « arbres de peu de valeur » a été déboisé (!) pour être replanté avec des arbres plus nobles comme des chênes, et ce sans augmentation de la surface boisée.

De même, les parcelles de forêt détruites pour réaliser les 2 bretelles récentes de l’A86 ont été compensées en forêt de Fontainebleau, et sans augmentation de la surface boisée.

La mairie de Châtenay aurait pu exiger que les hectares sacrifiés pour le Tram et pour les échangeurs soient compensés par autant d’hectares reboisés sur des prairies non boisées limitrophes de la forêt. Des terrains auraient pu être préemptés avec l’aide du département et de la région, comme le terrain en face du haras qui va aussi faire l’objet d’un nouveau programme immobilier en lisière de forêt, ou celui prévu pour le démonstrateur écologique en bordure de la N118 (ce dernier aurait pu être situé ailleurs, sur le site de la fac de pharmacie par exemple).

  • En juillet, le Tribunal Administratif, saisi par des associations de défense de l’environnement pour protéger les forêts de Verrières et de Clamart sévèrement impactées par le projet de Tram T10, a annulé la Déclaration d’Utilité Publique du Tram T10 car le dossier ne respecte pas 5 obligations légales liées à la protection de l’environnement ! (Un appel est en cours)
  • Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) associé à la transformation de la Butte Rouge prévoit l’extension des immeubles situés en limite de la forêt. Cette extension en direction de la lisière du bois, est en complète contradiction avec le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile de France) qui limite l’extension des constructions existantes, en imposant qu’il n’y ait pas d’avancée vers le massif boisé.

 On voit sur les exemples ci-dessus que ce sont toujours les programmes immobiliers qui l’emportent, au détriment de la forêt.

 D’où notre demande de protection accélérée pour le Bois de Verrières.

 Nos craintes quant à la réelle motivation de ce vote de toute la majorité municipale chatenaisienne CONTRE la protection accélérée de la forêt de Verrières :

Après analyse des propos du Maire, nous sommes inquiets : le vote CONTRE l’accélération de la protection du Bois de Verrières pourrait être motivé par la volonté d’avoir les coudées franches pour inclure le Bois de Verrières dans la « Ville Parc », AVANT que le futur classement en « Forêt de protection » ne puisse empêcher de telles transformations. En effet, la présence de la forêt à proximité est un atout pour les promoteurs immobiliers, un formidable argument de vente, surtout si elle est aménagée en parc urbain.…

Cette stratégie ne vous rappelle rien ?

Pour nous, cette stratégie ressemble furieusement à l’attitude hostile de la Mairie relative au classement de la Cité-Jardin de la Butte Rouge en Site Patrimonial Remarquable, classement auquel elle a dû finalement se résoudre sous la pression du Ministère de la Culture, mais qui n’interviendra malheureusement qu’APRES que la Cité-Jardin aura été en grande partie détruite, transformée, dénaturée …

Le CCC ne demanderait pas une protection accélérée du Bois de Verrières si les projets les plus utiles à la collectivité étaient menés de façon respectueuse des lois et règles édictées pour préserver notre patrimoine naturel, protéger la biodiversité et ainsi protéger nos enfants des effets du changement climatique.

Malheureusement, ce n’est pas le cas des projets menés par nos politiques locaux.  Nous ne contestons pas l’utilité sur le fond de ces projets (Tram T10, échangeurs A86). Mais nous dénonçons les modalités choisies pour leur mise en œuvre, que la mairie de Châtenay-Malabry a fortement soutenues.

 Texte complet de notre vœu :

Conseil municipal du 16 décembre 2021

VOEU DE SOUTIEN A LA DEMANDE DE CLASSEMENT DE LA FORET DOMANIALE DE VERRIERES-LE-BUISSON EN FORET DE PROTECTION

Considérant que la forêt domaniale de Verrières, forêt périurbaine au coeur de l’Ile-de-France représentant une part significative du territoire communal et à laquelle les Chatenaisiennes et les Chatenaisiens sont attachés, appartient à l’Etat et que sa gestion est déléguée à l’ONF (Office Nationale des Forêts),

 Considérant qu’elle est, notamment, reconnue pour la biodiversité qu’elle accueille, et en particulier au sein de sa réserve biologique intégrale de 42 ha, reconnue pour son entomofaune.

 Considérant qu’il convient de préserver tous les usages et toutes les fonctions de ladite forêt domaniale tant pour des raisons écologiques que pour le bien-être de la population,

 Considérant que le classement en forêt de protection constitue un enjeu tout particulier pour la Région Ile-de-France et pour les communes concernées,

 Considérant que le statut de « forêt de protection » est régi par l’article L. 141-1 du code forestier, selon lequel :

« Peuvent être classés comme forêts de protection, pour cause d’utilité publique, après enquête publique réalisée conformément aux dispositions du chapitre III du titre II du livre Ier du code de l’environnement :

…/…

2° Les bois et forêts situés à la périphérie des grandes agglomérations ;

3° Les bois et forêts situés dans les zones où leur maintien s’impose soit pour des raisons écologiques, soit pour le bien-être de la population. »

 Considérant que dans les termes de l’article L.1411-2 du même Code

« Le classement comme forêt de protection interdit tout changement d’affectation ou tout mode d’occupation du sol de nature à compromettre la conservation ou la protection des boisements. »

 Considérant que l’action 5.2 de l’annexe 9 du Programme Régional de la Forêt et du Bois 2019-2029, prévoit de proposer de classer en forêts de protection les forêts de la proche couronne et les forêts les plus fréquentées de la deuxième couronne, et que ledit programme identifie la forêt de Verrières parmi celles à classer,

 Considérant que le conseil municipal de Verrières-le-Buisson a adopté ce même voeu à l’unanimité le 25 novembre 2021

 Le conseil municipal de Chatenay-Malabry :

  • Exprime son soutien au principe du classement de la forêt domaniale de Verrières en forêt de protection,
  • Forme le voeu que celui-ci intervienne le plus rapidement possible,
  • Mandate Monsieur le Maire pour utiliser l’ensemble des moyens dont la ville dispose et demander à tous les services compétents que toutes les diligences requises soient mises en oeuvre pour parvenir à ce classement.