Aidons les Ukrainien.ne.s

Aidons les Ukrainien.ne.s

Le CCC condamne, de la façon la plus claire et la plus ferme qui soit, la guerre déclenchée par Vladimir Poutine avec l’invasion de l’Ukraine. Nos pensées vont vers la population ukrainienne, douloureusement meurtrie.

Toutes les personnes qui souhaitent aider les personnes  ukrainiennes restées sur place ou réfugiées trouveront les informations nécessaires (à quelles ONG faire des dons financiers, dans quelles associations s’impliquer, quels produits donner, où proposer d’accueillir des réfugié.e.s) sur le site officiel de l’administration française : https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15542

Le site de la préfecture des Hauts de Seine précise (https://www.hauts-de-seine.gouv.fr/Actualites/Accueil-des-deplaces-ukrainiens-dans-les-Hauts-de-Seine) que, en ce qui concerne les hébergements, les particuliers qui souhaiteraient faire part de leur disponibilité pour accueillir ou accompagner les personnes déplacées d’Ukraine peuvent s’informer sur les dispositifs de parrainage citoyen existants sur le site  : https://parrainage.refugies.info/

Sur cette plateforme gouvernementale, toute association ou collectif peut proposer des actions pour aider les personnes déplacées et réfugiées en France. Le Collectif Citoyen Chatenaisien est en train de s’inscrire dans ce dispositif.

De façon plus concrète, un membre du Conseil d’Administration du Collectif Citoyen Chatenaisien connait très bien l’Ukraine et la Russie où il a de nombreuses connexions de par son histoire familiale et professionnelle.
Lui-même ou certains de ses proches prévoient des voyages vers l’Ukraine pour apporter des fournitures (médicaments, nourriture, couvertures, …), et connaissent des ukrainien.ne.s souhaitant trouver refuge en France.
Dans l’immédiat, nous cherchons :
– un logement pour 4 personnes, à savoir 2 femmes ukrainiennes, informaticiennes pouvant continuer à exercer leur métier depuis la France, l’une avec sa jeune fille, et l’autre devant accoucher d’ici 1 à 2 mois.
-un petit logement ou une chambre chez l’habitant pour une ukrainienne d’une quarantaine d’années, agent immobilier dans son pays
– un van ou minibus pour apporter des fournitures à la frontière entre Pologne et Ukraine et ramener des réfugiés.
Tout.e chatenaisien.ne désirant aider (par des fournitures et/ou propositions d’hébergement) peut nous contacter sur notre adresse mail : collectifcitoyenchatenaisien@gmail.com

La mairie de Chatenay Malabry propose également des modalités de dons matériels et une coordination des propositions d’hébergement : https://www.chatenay-malabry.fr/ukraine/
A ce sujet, nous rappelons que l’Union Sociale pour l’Habitat (organisation représentative du secteur Hlm qui représente 593 organismes HLM) a lancé un appel auprès des pouvoirs publics et des collectivités territoriales pour faire en sorte que réfugiés ukrainiens soient hébergés dans les logements HLM libres.
Nous espérons qu’une partie des logements libres dans le parc HLM de notre ville (entre 300 et 500) pourront servir à accueillir ces personnes. 

Enfin, le CCC s’associe pleinement à la marche pour l’Ukraine ce samedi 5 mars à 15h, place de la République à Paris.

Enquête LaVallée – Article 5/5

Enquête LaVallée – Article 5/5
Conclusion : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Où va le futur quartier LaVallée ?

  • Une densité très forte en comparaison de tous les autres quartiers de notre ville
  • De futurs îlots de chaleur majeurs, annoncés par des études d’experts
  • Des techniques de construction à fort impact carbone et de futurs immeubles peu innovants sur le plan énergétique dans la grande majorité des cas
  • Un chauffage par géothermie abandonné pour le moment
  • Ce nouveau quartier mérite-t-il réellement le qualificatif d’« Ecoquartier »  ?

Une enquête en 5 articles

Article 5/5 : LaVallée, conclusion : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Quelle conclusion pouvons tirer de cette enquête ?

Les 4 articles précédents montrent à quel point la conception du nouveau quartier LaVallée est particulièrement mal adaptée aux enjeux du changement climatique, par son extrême densité, le coût carbone de ses partis-pris de construction, par les ilots de chaleur qui le transformeront en fournaise lors des épisodes de canicule, par l’abandon pour plusieurs années du projet de chauffage par énergie renouvelable (géothermie).

On peut raisonnablement se demander s’il mérite encore son qualificatif d’écoquartier.

Une conception obsolète

Il n’y a pas que sur le plan de l’adaptation au changement climatique que la conception de ce quartier parait obsolète.

En effet, peu à peu apparaissent quelques autres questions sur la façon fort peu innovante dont ce quartier a été pensé. En voici quelques-unes :

  • Du fait du coût élevé du m², les appartements proposés sont de plus en plus petits en surface. A tel point que certaines municipalités françaises (voir par exemple la mairie LR de Nice) ont élaboré une charte qui s’impose aux promoteurs et fixe une surface minimum par type de logements. 

A LaVallée, des trois pièces sont proposés avec 56 m², soit en-dessous du minimum de 60 m² de ces chartes.

  • De plus, la surface réduite des logements ne devrait-elle pas inciter à proposer des locaux accessibles à tous pour un usage privé ou partagé (fêtes, rencontres de familles, etc.) ?
  • Dans ce quartier, une place considérable semble encore réservée à la voiture. Est-ce que les notions de rue partagée et de circulation douce sont prises en compte ?
  • Est-ce que les immeubles de bureaux de LaVallée pourront être facilement transformés en habitation en cas de besoin ?
  • Par ailleurs, les choix d’aménagement sont faits sans aucun dialogue avec les chatenaisiens ou les futurs habitants.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Une vision cohérente et globale existe-t-elle pour l’avenir de notre ville ?

Suite à toutes ces questions sans réponse et ces changements de pied-surprise, il nous est toujours répondu : « Ne vous en faites pas, on s’occupe de tout ». Mais certains commencent à se poser la question : à LaVallée, y a-t-il vraiment un pilote dans l’avion ?  

Et qu’en est-il des autres projets en matière de maîtrise des dépenses énergétiques et de confort des logements ?

Enquête LaVallée – Article 4/5

Enquête LaVallée – Article 4/5
La géothermie annoncée est aux abonnés absents

Où va le futur quartier LaVallée ?

  • Une densité très forte en comparaison de tous les autres quartiers de notre ville
  • De futurs îlots de chaleur majeurs, annoncés par des études d’experts
  • Des techniques de construction à fort impact carbone et de futurs immeubles peu innovants sur le plan énergétique dans la grande majorité des cas
  • Un chauffage par géothermie abandonné pour le moment
  • Ce nouveau quartier mérite-t-il réellement le qualificatif d’« Ecoquartier »  ?

Une enquête en 5 articles

Article 4/5 : LaVallée, la géothermie annoncée est aux abonnés absents

Continuons notre point sur l’évolution du nouveau quartier LaVallée, localisé sur le site de l’ancienne Ecole Centrale à Châtenay-Malabry, et dont l’aménagement a commencé il y a bientôt cinq ans.

Les trois articles précédents ont décrit l’extrême densité du quartier, comment les ilots de chaleur le transformeront en fournaise lors des épisodes de canicule, et le coût carbone élevé de ses partis-pris de construction.

Comme nous l’évoquions, le label environnemental et énergétique E3C1 retenu par l’Association Syndicale Libre des promoteurs est en deçà de la réglementation RE2020 maintenant en vigueur. Mais ce choix, même restrictif, implique la mise en place d’un chauffage par un réseau de chaleur alimenté au moins en partie, par une énergie renouvelable. En l’occurrence, il s’agissait de la géothermie, fièrement promue par la mairie à de multiples reprises dans le magazine municipal et devant être opérationnelle dès l’arrivée des premiers habitants. Une chaudière à gaz était prévue comme complément à la géothermie : la géothermie devait couvrir 60% des besoins, et la chaudière à gaz 40%.

La géothermie, une source d’énergie durable, propre, écologique.

Pour mémoire, la géothermie consiste à aller chercher l’eau chaude contenue, sous nos pieds, dans les profondeurs de la terre. Remontée à la surface, cette eau chaude sert à chauffer des bâtiments et fournit l’eau sanitaire sans brûler de bois, ni du gaz, du charbon ou du pétrole.  Après prélèvement d’une partie de sa chaleur, cette eau est réinjectée dans la nappe de prélèvement.

La géothermie est une source d’énergie durable, propre, écologique, et évitant le rejet de milliers de tonnes de CO2. Bien gérée, c’est aussi une source d’énergie moins chère pour les usagers que le fioul et même que le gaz, étant données les récentes augmentations très significatives de ce dernier.

Le Collectif Citoyen Chatenaisien est donc tout à fait favorable à l’utilisation de la géothermie à Châtenay-Malabry. Lors du conseil municipal du 24 Septembre, nous avons donc voté pour l’ouverture des travaux visant à chauffer le futur quartier LaVallée par géothermie.

Les étranges choix du projet de géothermie de la Mairie

Cependant, étrangement, le projet proposé par la Mairie prévoyait de forer dans une couche géothermique appelée Lusitanien, alors qu’aucun opérateur n’a encore foré dans cette couche moins profonde, où l’eau est moins chaude et assez corrosive. D’ailleurs, les autres forages en Ile-de-France (certains en activité depuis trente ans) ont lieu dans la couche un peu plus profonde et plus chaude appelée Dogger.

Nous avons donc étudié le sujet en profondeur, en nous documentant, en contactant des professionnels spécialisés. Cette étude nous a confirmé que le projet géothermie de Châtenay-Malabry à LaVallée avait été conçu de façon très différente des expériences connues et réussies dans des communes similaires.

Nous avons réalisé en conclusion que ces choix étaient risqués en termes de coût de l’énergie produite pour les habitants, voire de sécurité. De plus, les caractéristiques de ce projet localisé à un seul quartier risquaient de rendre la géothermie impossible à étendre ensuite à d’autres quartiers de notre ville pour des raisons de trop grande proximité des forages.

Dès l’enquête publique (de septembre -octobre 2020), nous émettions des doutes sur ce choix à cause de son caractère exploratoire qui s’éloignait de la longue expérience des autres communes, de leur maîtrise du sujet et de l’opportunité des subventions associées aux forages dans le Dogger.

Nous avons alerté la Mairie mais celle-ci ne nous a jamais répondu. Cette étude et ces doutes ont été documentés dans un dossier disponible sur notre site Internet depuis fin 2020 (voir réf 1 en bas d’article).

Le fiasco de la géothermie telle que prévue initialement à LaVallée, longtemps caché au conseil municipal

Le planning présenté par la Mairie lors du conseil municipal du 24 Septembre 2020 indiquait des travaux de forage exploratoires fin 2020 pour rechercher la nappe géothermique, la constitution du dossier de permis d’exploiter pour le 20 Septembre 2021, l’aval de la Préfecture le 27 Décembre 2021 et une mise en service début 2022.

Lors du conseil municipal du 1er Juillet 2021 (voir procès-verbal : réf 2 en bas d’article), nous avons posé une question sur l’avancement du projet de géothermie. Monsieur le Maire nous a répondu que les travaux de forage ont été autorisés par arrêté préfectoral le 1er Avril 2021, et que des consultations auprès des entreprises spécialisées dans les forages profonds avaient ensuite été organisées.

Nous en avons déduit que le projet avait pris quelques mois de retard mais restait sur les rails.

Le 18 novembre 2021, nous avons redemandé où en était ce projet en Conseil Municipal (voir procès-verbal : réf 3 en bas d’article).

A cette occasion, Mr le Maire a répondu que les forages exploratoires n’avaient pas encore eu lieu, que les dates de dépôt et de délivrance du permis d’exploiter n’étaient pas connues mais qu’il n’y aurait pas de retard pour les acquéreurs qui devraient pouvoir prendre possession de leur logement en 2022, conformément au planning. Les logements seraient alimentés en chauffage et eau chaude sanitaire grâce à la chaufferie en cours de construction.

Nous en avons conclu que le retard s’aggravait et que la chaudière à gaz qui doit de toute façon assurer 40% du chauffage serait suffisante pour assurer le chauffage des premiers habitants à s’installer. En regrettant qu’il s’agisse d’une énergie fossile émettrice de CO2.

Nous savons aujourd’hui qu’en fait, dans sa réponse d’alors, Mr le Maire a caché à son Conseil Municipal à quel point le projet de géothermie de la Mairie se heurtait à d’importantes difficultés techniques imprévues, et que sa mise en œuvre à court terme était remise en question. (Mr le Maire n’avait pas répondu à nos questions sur la raison du retard, sur les couches géothermiques envisagées et sur le coût de l’énergie par habitant. Il avait simplement évoqué le schéma directeur lancé par le Syndicat Mixte de chauffage de Châtenay-Malabry qui allait probablement conclure que la création d’un réseau de géothermie serait envisageable sur l’ensemble de la commune et ouvrir le débat vers d’autres types d’énergies renouvelables comme la biomasse).

Mais un membre du CCC s’est rendu mi-décembre 2021 à la Maison de Projet pour obtenir quelques informations sur les appartements en vente : il lui a été très clairement affirmé que les appartements seraient chauffés par un chauffage urbain au gaz combiné à la « combustion de déchets » et que la géothermie ne serait une réalité « que dans 4 à 7 ans », car il fallait attendre une installation géothermique à créer sur un autre site, à laquelle il faudrait raccorder le quartier LaVallée.

Patatras !

Voilà que ce que Mr le Maire cachait à ses conseillers municipaux était clairement annoncé à tout acheteur potentiel par les commerciaux des promoteurs.

Quel fiasco, quand on pense à tous les articles publiés par la Mairie dans le magazine municipal pour annoncer fièrement que la géothermie serait au rendez-vous à LaVallée !

Ce fiasco avait été anticipé par quelques citoyens membres du CCC qui se sont simplement bien documentés, et les conseillers municipaux d’opposition avaient fait connaître cette analyse plus d’un an auparavant : comment se fait-il que dès le début du projet la Mairie ne se soit même pas adjoint les services d’experts indépendants pour la conseiller et maîtriser le dossier ?

Naissance d’un nouveau projet

Fort de notre découverte, nous avons de nouveau questionné Mr le Maire lors du Conseil Municipal du 27 janvier 2022.

Dans sa réponse, celui-ci a enfin reconnu un complet changement de cap, avec un nouveau projet de géothermie à l’échelle de la ville, qui demanderait des années de conception et de construction. Il nous indiquait également que la Mairie s’adjoignait (enfin) les services d’un professionnel compétent pour l’accompagner dans ce projet, et enfin que le quartier LaVallée serait doté d’une chaudière à biomasse en attendant son raccordement à ce futur réseau goéthermique.

Alors qu’en est-il aujourd’hui ?

Le site web de la Mairie annonce qu’il est prévu d’aller chercher de l’eau chaude cette fois dans la couche Dogger « à 1500 m de profondeur pour prélever de l’eau à plus de 70° » qui permettra d’alimenter les réseaux de chauffage et d’eau chaude sanitaire « sur l’ensemble de la ville ». Il est prévu d’installer le puits de forage sur le site de pharmacie.

Lors du conseil municipal le 24 mars 2022, la Mairie nous a demandé de voter une Délégation de Service Public pour la conception, la construction, et l’exploitation future d’un nouveau projet de géothermie couvrant une grande partie de Chatenay-Malabry et une petite partie du Plessis Robinson. Encore une fois, elle préfère donc s’en remettre intégralement au secteur privé, au risque d’une dérive incontrôlable des prix facturés aux habitants, alors que des modèles de gestion publique réussis existent très près de nous (voi réf 1 en bas d’article). Tout en émettant les plus vives réserves sur ce choix, les conseillers municipaux du CCC ont néanmoins voté pour, car favorables à la géothermie elle-même.

Il est même prévu un calendrier :

  • Elaboration du cahier des charges pour attribuer une délégation de service public pour la création d’un réseau de géothermie communal.
  • Lancement de la procédure de sélection au printemps 2022, remise des offres des entreprises à l’automne 2022 et attribution de cette délégation en mars 2023.
  • Demande d’autorisation de forage sur la commune dès mars 2023. Début des travaux en 2023.
  • Premiers immeubles chauffés en 2025.

Il est prévu que le site de LaVallée soit alimenté par ce forage, mais entre le site de Pharmacie et le site de LaVallée, en faisant un détour pour franchir la ligne TGV, il faudra poser des tuyaux pour former un réseau de chaleur. Et la mise en place de ce réseau de chaleur n’est pas prévue dans le calendrier ci-dessus. Donc le quartier de LaVallée sera alimenté bien plus tard que 2025.

Il faudra donc ré-éventrer plusieurs rues de la ville. Dommage : cela vient d’être fait pour le tram.  Il aurait suffi d’un peu d’anticipation pour profiter de ces travaux pour passer les tuyaux nécessaires à la géothermie, et ainsi réaliser d’importantes économies pour le contribuable.

Et d’ici là, ce sera en chauffage gaz + biomasse avec les lourds inconvénients de la biomasse :

  • Rotation de camions pour fournir la chaudière en biomasse
  • Emission de CO2 lors de sa combustion
  • Et si cette centrale biomasse brule du bois, comme c’est le cas pour de nombreuses centrales de production d’énergie par biomasse, cela nécessitera une destruction des forêts dont nous avons besoin pour absorber du CO2, pour maintenir des zones de fraicheur, et pour protéger la biodiversité.

Il y a beaucoup à dire sur l’application des adjectifs « renouvelable » et « écologique » à la biomasse. Comment ce quartier peut-il encore être qualifié d’écoquartier ?

Nous aurons certainement l’occasion d’en reparler…

 

Sources et bibliographie :

1 – Le dossier Géothermie à Chatenay du Collectif Citoyen Chatenaisien est disponible ici :

https://collectifcitoyenchatenay.org/geothermie-a-chatenay/

2 – Conseil municipal du 1er juillet 2021:

https://www.chatenay-malabry.fr/download/proces-verbal-de-la-seance-du-1er-juillet-2021/

3 – Conseil municipal du 18 novembre 2021:

https://www.chatenay-malabry.fr/download/proces-verbal-de-la-seance-du-18-novembre-2021/

4 – Conseil municipal du 27 janvier 2022:

https://www.chatenay-malabry.fr/download/proces-verbal-de-la-seance-du-27-janvier-2022/

5 – Conseil municipal du 24 mars 2022:

https://www.chatenay-malabry.fr/download/proces-verbal-de-la-seance-du-24-mars-2022/

Enquête LaVallée – Article 3/5

Enquête LaVallée – Article 3/5
Des émissions de gaz à effet de serre très élevées

Où va le futur quartier LaVallée ?

  • Une densité très forte en comparaison de tous les autres quartiers de notre ville
  • De futurs îlots de chaleur majeurs, annoncés par des études d’experts
  • Des techniques de construction à fort impact carbone et de futurs immeubles peu innovants sur le plan énergétique dans la grande majorité des cas
  • Un chauffage par géothermie abandonné pour le moment
  • Ce nouveau quartier mérite-t-il réellement le qualificatif d’« Ecoquartier »  ?

Une enquête en 5 articles

Article 3/5 : LaVallée, un coût carbone très élevé

Continuons notre point sur l’évolution du nouveau quartier LaVallée, localisé sur le site de l’ancienne Ecole Centrale à Châtenay-Malabry, et dont l’aménagement a commencé il y a bientôt cinq ans.

Les deux articles précédents ont décrit l’extrême densité du quartier, et comment les ilots de chaleur le transformeront en fournaise lors des épisodes de canicule.

Pour concevoir et construire les futurs bâtiments du quartier LaVallée, les promoteurs ont dû choisir quelle norme de construction appliquer.

Lors des choix initiaux, ils étaient dans l’obligation d’appliquer a minima l’ancienne norme RT 2012 (Réglementation Thermique 2012). Mais, à cette époque, la nouvelle norme RE 2020 était déjà quasiment définie et votée et cette norme prévoyait d’imposer une isolation thermique très élevée pour le bâti mais aussi une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre pendant toute la phase de construction et tout au long de la vie du bâtiment.

Ainsi, cette nouvelle norme prend en compte le coût carbone des matériaux utilisés pour la construction des bâtiments neufs, mais aussi des matériaux constituant les anciens bâtiments démolis : elle s’appuie sur le fait que, pour l’environnement comme pour le climat, il est hautement préférable de réhabiliter des bâtiments existants plutôt que détruire et reconstruire (voir réf 1 en bas d’article).

Pourtant, le projet LaVallée a choisi de détruire les bâtiments existants (anciens bâtiments de l’Ecole Centrale) et de tout reconstruire.

La norme RE2020 prend aussi en compte les nuisances chimiques des matériaux, des revêtements, etc. Ce n’est plus seulement une norme thermique (RT), c’est désormais une norme environnementale (RE).  Votée dans le cadre de la loi ELAN de 2018, elle est applicable aux nouveaux logements depuis le 1er janvier 2022.

Des constructions carbonées

Pour le quartier LaVallée, l’Association Syndicale Libre des promoteurs a finalement choisi une étiquette de construction intermédiaire entre RT 2012 et RE 2020 : le label E3C1 (gain de 20% d’efficacité énergétique par rapport à l’ancienne norme RT 2012 ainsi qu’une réduction des émissions de CO2 lors de la construction et du chauffage). Ce choix est restrictif par rapport à RE 2020, en particulier pour les bâtiments qui devaient être livrés à l’origine en 2024 et le seront aux dernières nouvelles, plutôt en 2026 ou 2027.

C’est ainsi, que le choix constructif des ouvrages de la phase 1 & 2 s’est porté vers le tout béton. Un choix déplorable quand on connait l’impact environnemental de ce matériau. Même si, comme le rappelle systématiquement notre Mairie, une part des gravats de la déconstruction de l’école centrale a été incorporé dans le béton de ces nouveaux bâtiments, l’économie de CO2 ainsi générée (600 tonnes de CO2) est « dérisoire face à ce qu’aurait représenté la conservation de l’existant : 2600 tonnes pour le seul bâtiment Olivier, 8100 pour l’ensemble du bâti » (voir page 38 et annexe du rapport en réf 2 en bas d’article), et négligeable également par rapport aux économies d’émissions de gaz à effet de serre qu’aurait permis le choix d’autres matériaux que le béton.

Ce choix de départ est d’autant plus regrettable que des méthodologies constructives alternatives existent, permettant d’atteindre un bilan carbone plus léger, une consommation énergétique moindre et un confort des habitants plus élevé.  Nous aurions aussi pu profiter d’immeubles en bois et / ou en pierre, comme il en existe déjà de nombreux en France, voire des bâtiments en terre de type pisé, et bénéficier ainsi d’une qualité architecturale et urbaine certaine.

Mentionnons tout de même le groupe scolaire de LaVallée, exemplaire d’un point de vue de l’écoconstruction, puisque réalisé en pisé, et incluant des agrégats de bétons recyclés et des planchers bois.

Source et bibliographie :

  1. Aloïs Fournier et Olivier Papin, ingénieurs E6 consulting. Article Limiter son empreinte carbone dans le secteur de la construction. Disponible ici : https://conseils.xpair.com/actualite_experts/limiter-empreinte-carbone-construction.htm
  2. Fuseau, T. Mondot, P. Gonzalez Burgos. 2020. Coup de chaud à La Vallée : Symptôme d’une conception urbaine inachevée, Ecole d’architecture de la ville & des territoires Paris Est. Disponible à l’adresse ci-dessous :

https://fr.calameo.com/read/00396868876a4230a6823

Enquête LaVallée – Article 2/5

Enquête LaVallée – Article 2/5
Une future fournaise lors des épisodes de grandes chaleurs

Où va le futur quartier LaVallée ?

  • Une densité très forte en comparaison de tous les autres quartiers de notre ville
  • De futurs îlots de chaleur majeurs, annoncés par des études d’experts
  • Des techniques de construction à fort impact carbone et de futurs immeubles peu innovants sur le plan énergétique dans la grande majorité des cas
  • Un chauffage par géothermie abandonné pour le moment
  • Ce nouveau quartier mérite-t-il réellement le qualificatif d’« Ecoquartier »  ?

Une enquête en 5 articles

 Article 2/5 : LaVallée, une future fournaise lors des épisodes de grandes chaleurs

 Continuons notre point sur l’évolution du nouveau quartier LaVallée, localisé sur le site de l’ancienne Ecole Centrale à Châtenay-Malabry, et dont l’aménagement a commencé il y a bientôt cinq ans.

L’article précédent a décrit comment la première approche du quartier révèle un ensemble d’une extrême densité.

Pour les gens un peu plus curieux, Internet offre une autre approche du quartier, avec l’accès à un rapport d’études sur le projet. Il s’agit d’un rapport de l’Ecole d’architecture de la ville et des territoires Paris-Est produit en 2019-2020, et intitulé : « Coup de chaud à LaVallée – Symptôme d’une conception urbaine inachevée » (rapport complet : voir réf 1 en bas d’article).

Cette étude se base sur des études techniques très poussées, avec des simulations assistées par ordinateur de l’impact des futures fortes chaleurs estivales et des épisodes de canicule sur la vie des habitants du quartier, compte-tenu de sa densité, des matériaux choisis et de sa forte minéralisation.

Ilots de chaleur

Certains paragraphes apportent de vives critiques sur la conception de ce quartier.

Par exemple : « En 2050 (rapports du GIEC) le climat parisien devrait ressembler au climat de Cordoue en Andalousie aujourd’hui ».  « La grande majorité des logements suit un schéma où un escalier et un couloir distribuent jusqu’à huit logements. Regrettablement, il en résulte des appartements majoritairement mono-orientés. Malgré la prescription des urbanistes de favoriser les typologies traversantes, elles sont au mieux en angle et sans possibilité de ventiler correctement. Des logements orientés à l’ouest seront une fournaise. Les deux places sont des zones à risque, tout particulièrement la place LaVallée, au sud, qui ne profitera d’aucun masque et est donc exposée à presque 100% de l’ensoleillement au mois d’août. »

On y découvre tous les choix qui vont conduire à la constitution d’îlots de chaleur et un certain nombre d’actions qui auraient grandement amélioré la conception de ce quartier.

Et la fin est sévère : « En conclusion, les îlots de chaleur évoqués dans ce rapport ne sont que le symptôme d’une conception obsolète de la ville, qui ne répond plus aux enjeux de confort, ni à l’échelle locale, ni à l’échelle globale ».

Carte du climat : ensoleillement. Etude PoCa. Rayonnement incident moyen du à la période la plus chaude de l’année, du 2 au 10 août.

Source et bibliographie :

  1. Fuseau, T. Mondot, P. Gonzalez Burgos. 2020. Coup de chaud à La Vallée : Symptôme d’une conception urbaine inachevée, Ecole d’architecture de la ville & des territoires Paris Est. Disponible à l’adresse ci-dessous :

https://fr.calameo.com/read/00396868876a4230a6823