L’édito de Philippe : La dette à Châtenay-Malabry par Siffredi et Ségaud
Le nez dans le guidon et les yeux dans le rétroviseur
A l’issu du dernier conseil municipal de la mandature qui s’est tenu le 19 février 2026, Philippe revient sur comment l’équipe sortante dépeint la situation de la dette de Châtenay-Malabry.

Nous sommes en l’an 31 après Georges Siffredi, plus précisément après son arrivée tonitruante à Châtenay-Malabry. La même équipe est à la barre depuis 1995 ! L’histoire de Châtenay ces 30 dernières années lui appartient. Pour autant Georges Siffredi et Carl Ségaud ne manquent jamais d’incriminer la gestion de la Ville avant 1995. Ils ont appris la chanson à des fans qui n’étaient pas encore nés en 1995 : « On » a trouvé une ville en faillite en 95… Aussi loin qu’on s’en souvienne, on ne trouve pas de campagne braquée 31 ans en arrière. En 1981, le candidat François Mitterrand n’avait pas osé imputer les difficultés de la France au ministère Georges Bidault de 1950. Pareil en 1995, Chirac n’avait pas osé faire remonter le déclin de la France au ralliement de la S.F.I.O à Gaston Deferre en 1964. Eux ils osent ! En fait ils osent tout ! C’est même à cela qu’on les reconnait.
Morceau choisi de Carl Ségaud, (Conseil Municipal du 17 février 2026) : « … le désendettement spectaculaire depuis 2014 illustre le chemin parcouru depuis 1995 ! »

Nul doute ! La dette bancaire est aujourd’hui au même niveau qu’il y a 25 ans ! Entre-temps elle s’est envolée au-dessus de 100 millions d’euros (à l’époque 4 fois la moyenne nationale). Mais aujourd’hui il faut aussi rajouter à la dette bancaire les 10,5 millions d’euros empruntés… pour payer les intérêts de cette dette bancaire ! Si si…Châtenay emprunte pour repousser loin dans le temps le paiement des intérêts de sa dette principale (on appelle cela des swaps) !


Morceau choisi de Georges Siffredi, (Conseil Municipal du 17 février 2026) : « … la dette de la gauche servait à financer le fonctionnement et pas l’investissement. Et ça ce n’était pas bien !»
Il a tout à fait raison … et il le sait bien puisque c’est précisément ce que la Chambre régionale des comptes lui a reproché dans son rapport de 2018.

Morceau choisi de Carl Ségaud : « Nous avons une gestion dynamique de la dette… Les taux variables ont l’avantage d’être moins élevés. »
Aïe la boulette ! En 2025, le taux moyen des emprunts était de 4,6%. Un mix d’emprunts à taux fixe et d’autres à taux variables qui ont atteint… 5,2% et 6,8% en 2025 ! … Châtenay a une des dettes de collectivité les plus mal financées de France !

Et la brillante équipe ne pouvait évidemment pas passer à côté des emprunts toxiques si aguichants. Elle s’en est gavée.
Morceau choisi de Carl Ségaud : « Nous ne contractons plus de nouveaux emprunts. »
Exact ! La Ville ne contracte plus de nouveaux emprunts (au sens de signer de nouveaux contrats). Mais elle emprunte, à chaque échéance d’emprunts anciens de quoi payer les intérêts. Cela s’appelle des swaps : une banque prête de quoi payer les intérêts d’un emprunt déjà contracté !
Quatre swaps, qui vont courir pendant encore 7 à 12 ans, représentent à ce jour un endettement de 10,5 millions d’Euros.
Morceau choisi de Carl Ségaud, (Conseil Municipal du 17 février 2026 ): « les swaps ont rapporté à la Ville 9,5 millions d’euros »
Aie la boulette encore ! C’est plutôt 10,5 mais peu importe. Ces 10,5 millions mesurent une dette… pas un bénéfice. On saura dans 12 ans seulement le montant qu’il aura fallu rembourser. Et, comme pour certains swaps les remboursements sont indexés sur le Franc Suisse et que la situation internationale propulse le Franc Suisse comme valeur refuge, ça risque de ne pas passer crème.
Des swaps sur le Franc Suisse !… Finement joué les gars ! Champion du Monde.

