Développement économique et dette de Châtenay-Malabry : l’édito de Philippe
Non, la situation de la ville ne découle plus de la gestion antérieure à 1995. La majorité sortante doit assumer son bilan après 31 ans de (mauvais) pilotage à vue. Et non, la fuite en avant fiscale visant à construire toujours plus de logements pour financer la mairie n’est pas une solution viable à moyen terme
Découvrez :
dans cette première vidéo, l’analyse du développement économique de la ville
dans la seconde, celle de la dette de Châtenay Malabry
Butte Rouge : derrière les promesse du maire sortant, la réalité
Sylvie et Elisabeth, toutes deux membres du Collectif Citoyen Châtenaisien, nous éclairent sur ce qui est dit dans un tract de la liste du maire sortant.
la liste « Réinventons Châtenay-Malabry » mène une campagne positive, centrée sur l’avenir de notre ville et les attentes des Châtenaisiennes et des Châtenaisiens. A l’opposé, le maire sortant, fébrile, publie un tract indigne qui nous amène à rétablir quelques vérités. La démocratie ne peut s’accommoder de cette violence et de ces mensonges.
FAUT-IL HABITER CHÂTENAY-MALABRY DEPUIS 20 ANS ?
Comme beaucoup de Franciliens le vivent, des événements de vie conduisent à déménager. Brice Gaillard a fait le choix de s’installer à Châtenay-Malabry et d’y fonder une famille en 2023. Et alors ? Pour l’équipe sortante, les nouveaux chatenaisiens valent-ils moins que les anciens ?
UN POSITIONNEMENT CLAIR ET TRANSPARENT
Nous, nous sommes transparents : notre liste est d’une gauche réformiste, citoyenne, écologiste. Nous condamnons toute forme de violence dans le débat public. Prétendre le contraire, c’est de la diffamation !
Le maire aime se présenter comme un élu « au-delà des clivages partisans ». Pourtant, les faits sont clairs : il reste un maire de droite, investi par Les Républicains. Ce positionnement n’est pas neutre. Il s’inscrit dans une ligne politique précise, celle d’un parti qui, au niveau national, s’oppose régulièrement aux mesures de meilleure répartition des richesses, et qui freine certaines avancées écologiques. Derrière un soi-disant apolitisme, il y a donc des choix politiques bien réels. D’autant que la direction actuelle des Républicains, sous l’impulsion de Bruno Retailleau, assume un rapprochement idéologique avec l’extrême droite sur plusieurs sujets. Se dire au-dessus des partis ne change pas cette réalité. Le camp qui n’est pas clair sur ses positions, ce n’est pas le Collectif Citoyen Châtenaisien.
Petit rappel, cet héritage politique de droite est d’ailleurs loué par l’actuel président du conseil départemental, Georges Siffredi (LR). « Il [Charles Pasqua] a façonné le département, notamment avec la création de Pact 92, un programme de rénovation des quartiers urbains, qui a préfiguré l’Agence nationale de la rénovation urbaine. C’était un homme politique d’une grande envergure avec une vision pour l’avenir. Cet hommage est important pour moi car avec Philippe Pemezec, nous faisons partie de la deuxième génération d’hommes politiques qu’il a lancée, après Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian ou Patrick Balkany. Malgré une image de droite un peu dure, c’était un homme très social, un vrai gaulliste ! ».1
PARLONS DU RECOURS À LA VIOLENCE !
La violence, et le dénigrement, c’est d’abord le fait de la majorité municipale à l’encontre de l’opposition. Voilà pourquoi 19 élus de la liste du Collectif Citoyen Châtenaisien, découragés, parfois effrayés, ont démissionné ou refusé de siéger. Certains renoncements ont été également stratégiques. Le groupe d’opposition a décidé collectivement de prioriser des élus spécialistes des questions d’urbanisme car il savait que le projet urbain de la Cité-jardin de la Butte Rouge allait s’accélérer. Des colistiers ont donc cédé leur place dans l’intérêt collectif, et cela a payé !
La violence, ce sont les intimidations et les menaces verbales subies par l’équipe de la liste conduite par Brice Gaillard. Celui-ci a même été menacé par un élu sortant alors qu’il tenait son bébé dans les bras !
A quelques jours des élections, la tension monte du côté de la liste sortante. Nos colistiers et sympathisants sont victimes de menaces, de propos dégradants et misogynes. C’est d’autant plus scandaleux que nous sommes en pleine “Semaine de la femme” organisée par la mairie… Évidemment, des plaintes ont été déposées.
UN CANDIDAT DÉJÀ CONDAMNÉ PAR LA JUSTICE
Alors quid de Boulogne-Billancourt ? Brice était bien colistier dans une position non éligible en soutien. Mais le maire sortant y a aussi un passé, bien moins glorieux puisque Frédéric-Karl Segaud (et c’est bien la même personne) a été condamné par la justice pour diffamation, et ce dans le cadre d’une élection ! 2 Cela illustre bien le respect des institutions et de la démocratie de son équipe et plus généralement de la droite dans le 92… Quant à Brice, son casier judiciaire est toujours vierge.
COMPARAISONS RIDICULES ET MENSONGES EN SÉRIE
Faute de programme sérieux pour notre ville, l’équipe sortante dénigre, de façon caricaturale confinant au ridicule, notre programme. Elle n’hésite pas à reprendre à son compte, dans son bilan et son programme, nos propositions (fournitures scolaires gratuites, ATSEM, etc) !
Elle ment sur nos propositions pour les critiquer. Elle n’hésite pas non plus à reprendre des réalisations et actions d’autres collectivités comme la piscine de la Grenouillère qui n’est même pas située sur le territoire communal et dans laquelle la ville n’a pas investi un centime !
C’est d’ailleurs sans doute pour cela que le maire à refusé de débattre publiquement avec notre tête de liste qui aurait pu exposer au grand jour les limites de son bilan et la vacuité de ses attaques.
UNE MAIRIE EN PLACE DEPUIS 30 ANS, SURTOUT POUR LE PIRE !
L’équipe sortante ne cesse de répéter qu’elle a “sauvé” la ville en 1995 ! Il y a 31 ans ! Pourtant, la dette qu’elle se vante d’avoir réduite, c’est celle creusée entre 2000 et 2017 par le recours aux emprunts toxiques, cédant ensuite le patrimoine de la ville pour éponger les pertes.
Cette équipe qui se targue de sérieux et de bonne gestion a mené la ville au triste rang de 10ème ville la plus endettée de France en 2016.3 Cette équipe sortante dont l’arrogance tient lieu de savoir-faire aura à rendre des comptes quant à ces emprunts toxiques qui ont coûté et coûteront encore très chers aux Châtenaisiens.
D’ailleurs, cette équipe est tellement fâchée avec les chiffres, qu’elle n’a même pas pris la peine de tenter d’estimer les investissements nécessaires pour la réalisation de son programme !
Le bilan environnemental du maire n’est pas ce qu’il prétend. La ville n’est pas encore plus verte et durable avec plus de 6 hectares d’espaces en terre détruits entre 2011 et 2023 (l’équivalent de 9 terrains de foot).4 Quant aux plantations de 1000 arbres … ils ne compensent en réalité même pas ceux qui ont été arrachés par la mairie ces dernières années, en particulier le long de la division Leclerc.
Nous prônons un débat démocratique sain et serein pour présenter aux électrices et aux électeurs deux alternatives pour l’avenir de notre ville. Nous continuerons jusqu’au dernier jour à nous engager pour cela, malgré les attaques, les injures et les intimidations. Les Châtenaisiennes et les Châtenaisiens ne sont pas dupes et savent faire la part des choses.
Delaire, H. (2022, 29 juin). Le Plessis-Robinson : Sept ans après la disparition de Charles Pasqua, SES Fidèles Lui rendent hommage. leparisien.fr. https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/le-plessis-robinson-sept-ans-apres-la-disparition-de-charles-pasqua-ses-fideles-lui-rendent-hommage-29-06-2022-4JM67LGDF5B5LGYQA2AHJ56Y7I.php ↩︎
M.F. (2006, 2 juin). Le diffamateur du Député Baguet Condamné. leparisien.fr. https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/le-diffamateur-du-depute-baguet-condamne-02-06-2006-2007036856.php ↩︎
Gay, J. (2020, 27 Février). Villes endettées : Levallois toujours n°1, Paris entre dans le top 10. Journaldunet.com. https://www.journaldunet.com/patrimoine/finances-personnelles/1418551-villes-les-plus-endettees/ ↩︎
Observatoire de l’artificialisation. (2025, 13 mai). Cartographie des flux de consommation d’espaces. Portail de l’artificialisation des sols. https://artificialisation.developpement-durable.gouv.fr/cartographie-artificialisation ↩︎
La démocratie ne consiste pas qu’à déposer un bulletin dans l’urne. Cette vision minimaliste ne rend pas justice à ce que doit être la démocratie locale : un exercice continu, vivant, partagé, qui implique les habitant.e.s bien au-delà du seul moment électoral. Les enjeux locaux (urbanisme, mobilités, écologie, services publics, qualité de vie) touchent notre quotidien. Ils appellent un dialogue régulier entre élu.e.s, habitant.e.s, associations, acteurs économiques et culturels. Une démocratie locale robuste ne se contente pas de représenter ; elle associe, écoute, explique et co-construit. De nombreuses villes expérimentent des méthodes qui enrichissent la décision politique, la légitiment, l’ancrent dans les réalités vécues : budgets participatifs, conseils de quartier, ateliers citoyens, conventions locales, plateformes numériques de consultation, démarches collaboratives… A Châtenay-Malabry, malgré les demandes récurrentes de notre groupe en Conseil municipal, la démocratie locale n’est qu’un mot sans réalité concrète. Les réunions publiques sont informatives, rarement participatives. Les échanges sont filtrés, les voix critiques marginalisées, et les sujets de proximité trop peu abordés. Les conseils municipaux ne sont toujours pas enregistrés pour rediffusion. Notre groupe défend une démocratie vivante, fondée sur l’écoute active, la co-construction et le respect de toutes les expressions, y compris celles de l’opposition. Il ne s’agit pas d’impliquer tout le monde, tout le temps. Il s’agit de créer des espaces où chacun peut contribuer, selon ses envies et ses compétences, à la vie de sa commune. Une démocratie locale mature est celle qui reconnaît que l’expertise des habitant.e.s est un atout précieux pour construire l’intérêt général. La démocratie n’existe que par sa pratique quotidienne.
Aménagement urbain : se déplacer en poussette ou en fauteuil à Châtenay
Celles et ceux qui se déplacent avec une poussette ou un fauteuil roulant le savent : il y a (beaucoup) du boulot à Châtenay-Malabry pour se balader sereinement…
L’édito de Philippe : La dette à Châtenay-Malabry par Siffredi et Ségaud
Le nez dans le guidon et les yeux dans le rétroviseur
A l’issu du dernier conseil municipal de la mandature qui s’est tenu le 19 février 2026, Philippe revient sur comment l’équipe sortante dépeint la situation de la dette de Châtenay-Malabry.
Nous sommes en l’an 31 après Georges Siffredi, plus précisément après son arrivée tonitruante à Châtenay-Malabry. La même équipe est à la barre depuis 1995 ! L’histoire de Châtenay ces 30 dernières années lui appartient. Pour autant Georges Siffredi et Carl Ségaud ne manquent jamais d’incriminer la gestion de la Ville avant 1995. Ils ont appris la chanson à des fans qui n’étaient pas encore nés en 1995 : « On » a trouvé une ville en faillite en 95… Aussi loin qu’on s’en souvienne, on ne trouve pas de campagne braquée 31 ans en arrière. En 1981, le candidat François Mitterrand n’avait pas osé imputer les difficultés de la France au ministère Georges Bidault de 1950. Pareil en 1995, Chirac n’avait pas osé faire remonter le déclin de la France au ralliement de la S.F.I.O à Gaston Deferre en 1964. Eux ils osent ! En fait ils osent tout ! C’est même à cela qu’on les reconnait.
Morceau choisi de Carl Ségaud, (Conseil Municipal du 17 février 2026) : « … le désendettement spectaculaire depuis 2014 illustre le chemin parcouru depuis 1995 ! »
Nul doute ! La dette bancaire est aujourd’hui au même niveau qu’il y a 25 ans ! Entre-temps elle s’est envolée au-dessus de 100 millions d’euros (à l’époque 4 fois la moyenne nationale). Mais aujourd’hui il faut aussi rajouter à la dette bancaire les 10,5 millions d’euros empruntés… pour payer les intérêts de cette dette bancaire ! Si si…Châtenay emprunte pour repousser loin dans le temps le paiement des intérêts de sa dette principale (on appelle cela des swaps) !
Morceau choisi de Georges Siffredi, (Conseil Municipal du 17 février 2026) : « … la dette de la gauche servait à financer le fonctionnement et pas l’investissement. Et ça ce n’était pas bien !»
Il a tout à fait raison … et il le sait bien puisque c’est précisément ce que la Chambre régionale des comptes lui a reproché dans son rapport de 2018.
Morceau choisi de Carl Ségaud : « Nous avons une gestion dynamique de la dette… Les taux variables ont l’avantage d’être moins élevés. »
Aïe la boulette ! En 2025, le taux moyen des emprunts était de 4,6%. Un mix d’emprunts à taux fixe et d’autres à taux variables qui ont atteint… 5,2% et 6,8% en 2025 ! … Châtenay a une des dettes de collectivité les plus mal financées de France !
Et la brillante équipe ne pouvait évidemment pas passer à côté des emprunts toxiques si aguichants. Elle s’en est gavée.
Morceau choisi de Carl Ségaud : « Nous ne contractons plus de nouveaux emprunts. »
Exact ! La Ville ne contracte plus de nouveaux emprunts (au sens de signer de nouveaux contrats). Mais elle emprunte, à chaque échéance d’emprunts anciens de quoi payer les intérêts. Cela s’appelle des swaps : une banque prête de quoi payer les intérêts d’un emprunt déjà contracté !
Quatre swaps, qui vont courir pendant encore 7 à 12 ans, représentent à ce jour un endettement de 10,5 millions d’Euros.
Morceau choisi de Carl Ségaud, (Conseil Municipal du 17 février 2026 ): « les swaps ont rapporté à la Ville 9,5 millions d’euros »
Aie la boulette encore ! C’est plutôt 10,5 mais peu importe. Ces 10,5 millions mesurent une dette… pas un bénéfice. On saura dans 12 ans seulement le montant qu’il aura fallu rembourser. Et, comme pour certains swaps les remboursements sont indexés sur le Franc Suisse et que la situation internationale propulse le Franc Suisse comme valeur refuge, ça risque de ne pas passer crème.
Des swaps sur le Franc Suisse !… Finement joué les gars ! Champion du Monde.