La majorité municipale contre la protection des grands arbres

La majorité municipale a voté contre la protection des grands arbres de la ville, dont de remarquables Sequoias bientôt abattus par un promoteur

Vous trouverez ci-dessous le texte de notre intervention au Conseil municipal du 29 septembre 2022, proposant au vote des mesures de protection pour les arbres de grande envergure de notre commune, similaires à celles existant dans d’autres communes.

La majorité municipale a voté contre ce vœu. Elle a aussi voté contre la sauvegarde de 4 magnifiques Sequoia dont la destruction par un promoteur est imminente.

Conseil municipal du 29 septembre 2022: Vœu relatif aux arbres de grande envergure

Au 64 rue Anatole France, un projet immobilier sur une propriété privée acquise par un promoteur vise à remplacer un pavillon par un lotissement de 8 « villas » collées les unes aux autres sur une surface totale inférieure à 2000 m2. Le permis de construire accordé par la ville autorise la suppression de 8 arbres à haute tige, à remplacer par la plantation de 12 autres arbres à haute tige.

Il se trouve que parmi les 8 arbres à haute tige supprimés figure « 4 séquoias sempervirens  (nom Français « séquoia toujours vert ») double tronc chacun, soit 8 magnifiques sujets d’environ 26 mètres, en pleine croissance malgré leur 70 à 80 ans d’âge, d’une très bonne vigueur et de bon avenir car en pleine santé sanitaire, bref des arbres remarquables ». Je cite l’expert de l’association A.R.B.R.E.S.

L’abattage imminent de ces arbres superbes constitue une énorme perte à de nombreux points de vue. D’une part, ce sont de véritables éléments de paysage pour tout le quartier. D’autre part, la perte est immense pour la biodiversité, et surtout pour la lutte contre le réchauffement climatique et les ilots de chaleur.

Pour terminer sur le cas particulier du 64 rue Anatole France, on pourrait nous objecter que le PLU sur cette zone Up ayant évolué entre temps, le même projet ne serait plus autorisé aujourd’hui. Cependant la modification du PLU porte sur le volume des constructions mais ne change rien à la possibilité d’abattre 4 remarquables sequoias double-troncs de 26 mètres pour les remplacer par des arbrisseaux.

De façon générale, l’arbre de grande envergure est un bien commun d’intérêt général. La communauté scientifique est unanime sur l’importance vitale des arbres de grande envergure dans notre survie face au changement climatique. Ils constituent en ville de véritables trésors de par leur rôle de climatiseurs naturels qui apportent ombre et fraicheur par leur « transpiration », ce que chacun d’entre nous peut apprécier en passant à proximité l’été. De plus, ils contribuent directement à ralentir l’effet de serre puisque la photosynthèse absorbe du CO2 et stocke du carbone pour produire de l’oxygène. Plus un arbre est grand et ancien, plus les services qu’il rend sont grands, plus il apporte d’ombre et de fraicheur, et plus il absorbe de CO2. Mais aussi : plus il limite l’érosion, plus il abrite de biodiversité, plus il embellit le paysage. L’urgence du défi climatique fait des arbres matures des alliés à protéger.

Rappelons enfin que ce service de climatisation apporté par les arbres de grande envergure fonctionne surtout à courte distance. Notre ville dispose de nombreux grands parcs, mais un parc arboré situé à 300 mètres d’un immeuble lui apporte beaucoup moins de fraicheur qu’un ou deux arbres à proximité immédiate de celui-ci, comme le démontrent de nombreuses études, et comme le rappelle l’étude de l’Ecole d’Architecture de Paris-Est sur le quartier LaVallée, concluant que, malgré la présence du Parc de Sceaux d’un côté et de la coulée verte de l’autre, les appartements y seront des « fournaises » (je cite) lors des futures canicules.

Aujourd’hui, les permis de construire sont habitués à supprimer un vieil arbre à haute tige et à replanter un jeune arbre à haute tige à la place. Mais, quand on sait que la définition d’un arbre de haute tige dans notre PLU est un arbre dont le tronc, à l’âge adulte, fait plus de 1,80 m de hauteur, on comprend qu’au mieux il va falloir attendre 70 à 80 ans pour que l’arbre jeune nouvellement planté produise autant d’ombre et de fraicheur et absorbe autant de CO2 que l’arbre de 26 mètres qu’il remplace, et plus probablement l’arbre planté en remplacement (souvent d’une essence à faible développement et à type de feuilles produisant beaucoup moins de fraicheur) n’atteindra jamais les 26 mètres de l’arbre d’origine, et ne rendra jamais autant de services.

L’argument de la replantation de jeunes arbres pour « remplacer » les arbres abattus ne tient pas pour une autre raison: face aux canicules qui vont se succéder et monter en intensité, ces jeunes arbres ne seront bientôt plus prioritaires à l’arrosage, donc mourront. Nous ne serons en effet pas certains d’avoir les moyens de les suivre en arrosage pendant leur phase de croissance. Les chatenaisiens peuvent déjà constater autour d’eux qu’une partie des jeunes arbres plantés est déjà morte.

Les futurs historiens qui se retourneront sur notre époque se demanderont pourquoi nous avons fait preuve d’un tel aveuglement. Nous ressemblons aux passagers d’un paquebot en train de couler qui persisteraient à détruire leurs canots de sauvetage.

Une mairie pleinement consciente et informée des crises climatiques à venir et responsable devant ses habitants, devrait SANCTUARISER les arbres de grande envergure.

Nous sommes très loin de cette sanctuarisation des arbres de grande envergure à Châtenay-Malabry puisque ce jeu mortifère de l’abattage des arbres de grande envergure pour les remplacer par de frêles jeunes arbres est appliqué à grande échelle, à la fois dans le domaine privé pour faciliter les projets de construction (y compris pour des arbres remarquables : citons aussi le majestueux cèdre du square Robinson, la moitié de l’allée de tilleuls de l’école centrale, …), et sur le domaine public (Division Leclerc, etc.)

Pourtant d’autres villes font différemment. Sur le domaine public, on peut citer l’exemple intéressant de l’avenue Edouard Depreux où les platanes ont été abattus et remplacés sur le trottoir Ouest situé sur notre ville, mais gardés par la ville de Sceaux sur le trottoir Est. Cet été, il était facile d’observer sur quel trottoir marchaient les piétons.

Dans le domaine privé, certaines villes du 92 ont recensé les arbres remarquables existant sur le domaine privé, et les ont protégés comme tels dans leur PLU. Comme explicitement indiqué dans le PLU de notre ville, Châtenay-Malabry a choisi de ne pas recenser ni protéger les arbres remarquables situés dans les propriétés privées.

Dans d’autres villes du 92, les agents du service urbanisme se déplacent sur le terrain lors de l’instruction des permis de construire pour constater les caractéristiques des arbres menacés, et refusent certains permis pour cette raison. Cette procédure n’est pas appliquée à Châtenay-Malabry.

C’est pour cette raison que nous proposons à notre conseil municipal d’adopter le vœu suivant :

  1. Notre ville s’engage à signer à court terme la Déclaration des Droits de l’Arbre (1), établie par l’association A.R.B.R.E.S., proclamée lors d’un colloque à l’Assemblée Nationale le 5 Avril 2019, et signée depuis par une cinquantaine de communes pionnières dont Bordeaux, Fontainebleau, Metz, Nancy, Nogent sur Marne, Orgeval, Paris, Sens et Strasbourg.
  2. Dans le cadre de l’élaboration du nouveau PLUi du territoire VSGP, notre ville est déterminée à recenser les arbres remarquables existant sur son domaine privé, et à les protéger comme tels dans le PLU, et à faire en sorte que le PLUi permette à la ville de refuser tout permis de construire demandant la suppression d’un arbre de grande envergure, en application du principe de sanctuarisation de ces arbres.
  3. Nous donnons mandat à Monsieur le Maire de prendre rapidement toutes les mesures nécessaires afin de sauver les séquoias du 64 rue Anatole France.

Déclaration des droits de l’arbre :

https://www.arbres.org/declaration-des-droits-de-l-arbre.htm

visite europa nostra

Des experts internationaux d’Europa Nostra viennent visiter la Cité-jardin de la Butte Rouge toujours en danger

Du 11 au 14 octobre 2022, des experts internationaux d’Europa Nostra viennent visiter  la Cité-jardin de la Butte Rouge toujours en danger

Europa Nostra est une association européenne qui oeuvre pour la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel européens auprès de l’Europe et de l’Unesco. Ce réseau européen couvre plus de 50 pays et est composé de 250 organisations membres

La Cité-jardin de la Butte Rouge et son parc arboré à Châtenay-Malabry a été sélectionnée en 2022, par Europe Nostra comme un des 7 sites patrimoniaux des plus en danger en Europe.

Actuellement les menaces de démolition s’accentuent sur cette cité jardin emblématique pourtant labellisé Architecture Contemporaine Remarquable. Quatorze bâtiments de la première tranche sont particulièrement visés, certains sont murés.

Dans ce contexte, leur expertise tant architecturale que patrimoniale et socioculturelle est très attendue.

Avec le soutien de l’Association Châtenay Patrimoine Environnement (ACPE), de DOCOMOMO, de Sites et Monuments, de Patrimoine-Environnement, d’Environnement 92, de FNE d’Île de France, du Collectif Citoyen Châtenaisien et de l’association Sauvons la Butte Rouge

Pour en savoir plus, cliquer sur le lien : https://7mostendangered.eu/sites/garden-city-la-butte-rouge-near-paris-france/

les canicules et les arbres 4

Châtenay-Malabry face aux canicules - Article 4/4
Châtenay-Malabry fait l’inverse de ce qu’il faut faire

Une série en 4 articles:

  1. Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.
  2. Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.
  3. De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.
  4. Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse, à grande échelle.

 

Article 4/4: Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse de ce qu’il faut faire, à grande échelle.

Que fait la municipalité de Châtenay-Malabry, concrètement, pour protéger ses habitants des canicules?

La communication verte dont la majorité municipale nous abreuve à longueurs de pages du magazine municipal n’est qu’un vernis de façade (« greenwashing »).

Elle est essentiellement basée sur la présence de grands parcs gérés par le département (Vallée aux Loups, Parc de Sceaux), qui constituent certes un atout pour notre ville, mais qui sont loin de suffire pour répondre à la problématique des canicules et des ilots de chaleur urbains.

Dans la réalité, les décisions de la mairie de notre « Ville Parc », addict aux constructions (pour les raisons présentées plus bas), ne font qu’aggraver terriblement les conséquences des canicules pour les chatenaisiens, alors qu’il serait facile de les protéger avec une conscience du problème, et un peu de réflexion prospective et d’anticipation.

De plus, ce sont, comme toujours, les plus modestes d’entre nous qui souffriront le plus de cette politique.  Notre ville, en se soumettant aux intérêts financiers des géants français de la construction immobilière, ne se soucie pas des conséquences sociales. Mais tout le monde ne peut pas se payer un jardin ou une isolation dernier cri.

La ville doit être pensée pour tous et pas seulement pour la minorité qui dispose des ressources nécessaires à court terme pour se protéger des conséquences climatiques. Les gens des quartiers populaires doivent habiter une ville respirable et pouvoir se protéger de la chaleur, pour un quotidien vivable.

Voici une liste, malheureusement incomplète, des actions de la ville qui vont à l’opposé des solutions permettant de protéger les chatenaisien.ne.s des effets des canicules.

  • LaVallée : un nouveau quartier hyperdense, hyperminéralisé, intégralement en béton sur 21 hectares (mis à part l’école), sans rien exiger d’autre des promoteurs que le minimum légal en terme de normes de construction protégeant des canicules. Résultat : une étude d’experts y prédit des logements « fournaises » malgré la présence du Parc de Sceaux d’un côté et de la coulée verte de l’autre.

Il s’agit du rapport complet sur les îlots de chaleur urbains dans le quartier LaVallée, intitulé « Coup de chaud à LaVallée. Symptôme d’une conception urbaine inachevée » qui a été produit par l’Ecole d’architecture de la ville et des territoires Paris Est en mars 2020. Ce rapport détaillé est très éloquent. Il est accessible sur notre site web où il est accompagné de plusieurs articles sur LaVallée :

https://collectifcitoyenChâtenay.org/ou-va-le-nouveau-quartier-lavallee/

A noter aussi que la moitié d’une magnifique double allée de tilleuls a été abattue pour pouvoir densifier encore plus.

  • Tram T10 : 3,5 hectares de forêt ont été détruits pour construire le site de maintenance et de remisage des tramways. Pourtant, l’opposition municipale et les associations avaient proposé des modifications au projet qui auraient évité un tel désastre. Mais la Mairie de Châtenay-Malabry n’a pas voulu les écouter. Pire, un dossier technique erroné a fait éliminer un autre site possible qui aurait permis d’éviter ce massacre.

https://collectifcitoyenChâtenay.org/dossier-tram/

  • Square Robinson : un espace vert communal vendu aux promoteurs pour y faire un immeuble en béton. Un majestueux cèdre centenaire et 22 autres arbres de grande envergure abattus. Pause fraicheur supprimée pour les chatenaisiens qui sortent du RER, attendent le bus, ou font leurs courses dans le quartier.

https://collectifcitoyenChâtenay.org/robinson-comment-la-mairie-a-t-elle-pu-permettre-et-meme-faciliter-ce-desastre-ecologique/

  • La place de l’enfance devant l’école Jules Verne est un exemple type d’îlot de chaleur : entièrement bétonnée avec des arbres plumeaux, on y suffoque à partir du mois de mai.
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  • Des centaines de grands arbres situés sur le domaine public ont été abattus ces dernières années. Ils sont remplacés par des essences plus faciles à entretenir (ne perdant plus leur feuilles …) mais de beaucoup plus petite envergure et apportant beaucoup moins d’ombre et de fraicheur. Quel gâchis ! On peut citer la Division Leclerc, mais aussi l’exemple intéressant de l’avenue Edouard Depreux où les platanes ont été abattus et remplacés sur le trottoir Ouest situé sur notre ville, mais gardés par la ville de Sceaux sur le trottoir Est. Cet été, il était facile d’observer sur quel trottoir marchaient les piétons.
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  • On ne compte plus les multiples arbres et petits espaces verts entre deux anciens bâtis privés qui ont été détruits pour permettre les nouvelles résidences qui fleurissent de partout dans la ville.
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  • Les arbres, même les plus remarquables, ne sont pas protégés lorsqu’ils sont situés sur le domaine privé. Alors que certaines villes du 92 ont recensé les arbres remarquables existant sur leur domaine privé et les ont protégés comme tels dans leur PLU, Châtenay-Malabry a choisi (comme explicitement indiqué dans le PLU de notre ville) de ne pas recenser ni protéger les arbres remarquables situés dans les propriétés privées.

De même, dans d’autres villes du 92, les agents du service urbanisme se déplacent sur le terrain lors de l’instruction des permis de construire pour constater les caractéristiques des arbres menacés, et refusent certains permis pour cette raison ; mais cette procédure n’est pas appliquée à Châtenay-Malabry.

Exemple de conséquence : Au 64 rue Anatole France, un projet immobilier sur une propriété privée acquise par un promoteur vise à remplacer un pavillon par un lotissement de 8 « villas » collées les unes aux autres sur une surface totale inférieure à 2000 m2. Le permis de construire accordé par la ville autorise la suppression de 4 séquoias double troncs chacun, soit 8 « magnifiques sujets d’environ 26 mètres, en pleine croissance malgré leur 70 à 80 ans d’âge, d’une très bonne vigueur et en pleine santé sanitaire, bref des arbres remarquables », selon l’expert de l’association A.R.B.R.E.S. Ces séquoias sont de véritables éléments de paysage pour tout le quartier. Au moment où nous écrivons ces lignes, leur abattage semble imminent. Bien-sur, la mairie a exigé qu’ils soient remplacés par autant d’arbres « à haute tige », c’est-à-dire dont le tronc mesurera au moins 1,8 mètres à l’âge adulte …

  • Le Bois de Verrières est également menacé :

https://collectifcitoyenChâtenay.org/la-majorite-municipale-vote-contre-une-protection-acceleree-du-bois-de-verrieres/

  • Cours d’école : alors qu’énormément de villes remplacent le revêtement artificiel de leurs cours d’écoles par des sols naturels et végétalisés, la nouvelle Ecole Primaire Jean-Jaurès inaugurée le 21 mai 2022 a sa cour de récréation 100% minérale sur le toit terrasse de l’école.

https://collectifcitoyenChâtenay.org/cours-de-recreation-de-nos-ecoles/

  • Rue Anatole France : 6 millions d’Euros d’argent public vont être dépensés pour la réfection totale de la rue (trottoirs, chaussée, mobilier urbain) :
    • Sans planter un seul arbre dans une rue très longue qui n’en a aucun !!
    • En remettant un asphalte noir. Il nous a été répondu que les bitumes clairs ne sont pas « dans la charte », ils seraient salissants, moins durables, et éblouissants. Pourtant, Athènes et Los Angeles les ont adoptés (voir article précédent)

 

Pourquoi la mairie de Châtenay-Malabry construit-elle tant ?

La mairie prétend qu’il s’agit de répondre à la crise du logement en Ile de France. Mais la prétendue contrainte imposée par l’état n’est qu’un prétexte. Notre ville construit beaucoup plus que ce qui est attendu d’elle. La vraie raison se trouve dans la situation des finances communales :

https://collectifcitoyenChâtenay.org/notre-ville-surendettee-vend/

les canicules et les arbres 3

Châtenay-Malabry face aux canicules - Article 3/4
De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.

Une série en 4 articles :

  1. Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.
  2. Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.
  3. De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.
  4. Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse, à grande échelle.

Article 3/4 : De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants contre les canicules.

Les exemples ci-dessous ne sont qu’un petit échantillon des politiques mises en œuvre avec succès dans des villes de toutes tailles en France comme à l’étranger.

Angers : la nature est réintroduite dans tous les espaces possibles, même les plus petits : mini-jardins en pieds de façade le long des trottoirs, plantes grimpantes sur les façades, joints enherbés entre les pavés, friches industrielles. Les places minérales sont désartificialisées au maximum.

https://www.brut.media/fr/nature/voici-5-facons-de-rafraichir-une-ville-en-la-vegetalisant

Grande Synthe a mis en place une « charte promoteurs » avec des normes de construction des nouveaux logements plus exigeante que les normes nationales. Aujourd’hui, ils demandent des bâtiments passifs, inspirés de ceux construits dans le quartier BedZED à Londres, où les logements sont très bien isolés du froid comme du chaud, pour une facture énergétique de 150 € par an => la ville a fait construire un modèle de ces maisons sur son territoire.

  • Interview passionnante du maire de la ville de Grande Synthe (23 000 habitants). Le sujet des maisons passives est évoqué de la minute 51 à la minute 54.

Écologie municipale : la révolution urbaine ? Damien Carême, au Festival des Pluies de Juillet

  • L’expérience du quartier de BedZED à Londres :

http://carfree.free.fr/BedZed_quartier-zero-emission-sud-londres.pdf

Athènes et Los Angeles ont remplacé leur asphalte noir par un matériau blanc réfléchissant (jusqu’à 6°C de différence mesurée)

https://www.brut.media/fr/nature/voici-5-facons-de-rafraichir-une-ville-en-la-vegetalisant

Séoul : la capitale de la Corée du Sud a choisi de démonter une autoroute urbaine pour découvrir une rivière enterrée et végétaliser ses berges sur plus de 8 kilomètres.

https://urbabillard.wordpress.com/2015/05/10/une-riviere-remplace-une-autoroute-et-redonne-vie-au-coeur-de-seoul/

les canicules et les arbres 2

Châtenay-Malabry face aux canicules - Article 2/4
Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.

Une série en 4 articles:

  1. Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.
  2. Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.
  3. De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.
  4. Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse, à grande échelle.

 

Article 2/4 : Des solutions existent pour permettre aux villes de limiter l’impact des canicules, dans lesquelles l’arbre et un nouvel urbanisme jouent un rôle essentiel.

Les solutions énumérées ci-dessous sont connues et mises en œuvre depuis des années.

Protéger et réintroduire massivement la nature de proximité en ville.

Le premier ensemble de solutions consiste à protéger et réintroduire massivement la nature de proximité en ville (arbres, espaces verts, rivières découvertes, jardins partagés, etc), et en particulier les grands arbres, dans tous les lieux possibles (places, trottoirs, cours d’écoles, friches industrielles, espaces entre les pavés, zones débitumées, etc).

Il faut aussi créer des « trames brunes », c’est-à-dire une continuité entre tous les espaces en pleine terre : cette continuité est indispensable au développement des arbres, de la biodiversité, et à l’infiltration des eaux, …

  • Dans une même rue ou sur une même place, entre une zone entièrement minéralisée, et une zone à l’ombre des arbres avec de la verdure située à seulement quelques mètres de la zone minéralisée, on peut mesurer des différences de température jusqu’à 10 degrés.
  • C’est la végétation à proximité immédiate qui est efficace, beaucoup plus qu’un parc situé à plusieurs centaines de mètres.
  • La communauté scientifique est unanime sur l’importance vitale des arbres de grande envergure dans notre survie face au changement climatique. Ils constituent en ville de véritables trésors de par leur rôle de climatiseurs naturels qui apportent ombre et fraicheur par leur « transpiration », ce que chacun d’entre nous peut apprécier en passant à proximité l’été. De plus, ils contribuent directement à ralentir l’effet de serre puisque la photosynthèse absorbe du CO2 et stocke du carbone pour produire de l’oxygène. Plus un arbre est grand et ancien, plus les services qu’il rend sont grands, plus il apporte d’ombre et de fraicheur, et plus il absorbe de CO2. Mais aussi : plus il limite l’érosion, plus il abrite de biodiversité, plus il embellit le paysage. L’urgence du défi climatique fait de l’arbre mature de grande envergure un bien commun d’intérêt général, un allié à protéger. Une mairie pleinement consciente et informée des crises climatiques à venir et responsable devant ses habitants, devrait sanctuariser les arbres de grande envergure.

Repenser totalement les principes d’urbanisme et de construction des bâtiments

Le deuxième ensemble de solutions consiste à mettre en œuvre des principes d’urbanisme et de construction des bâtiments radicalement différents de la pratique actuelle.

  • Des biomatériaux très performants existent aujourd’hui (briques en terre crue, …). Ils permettent de très bien isoler les logements du froid l’hiver et du chaud l’été, en privilégiant une isolation par l’extérieur à une isolation par l’intérieur. On peut associer ces biomatériaux à des techniques de ventilation (VMC double-flux, …). Ils permettent d’obtenir des logements passifs ou presque, c’est-à-dire ne nécessitant aucun apport d’énergie, ou un apport très faible. Par exemple, dans les logements du quartier BedZED à Londres la facture totale d’énergie (chauffage, eau chaude, etc) est limitée à 150 € annuels ! Les économies ainsi réalisées compensent très rapidement le (léger) surcout de construction.
  • Les appartements doivent être traversants et leur orientation bien pensée (comme c’est le cas à la Butte Rouge, et contrairement aux appartements dans les résidences construites par les promoteurs ces dernières décennies).
  • Les couleurs et revêtements (façades, volets, toits) doivent être clairs pour réfléchir la lumière (les couleurs foncées absorbent la chaleur)
  • Les petits espaces verts et « dents creuses » entre 2 bâtis ne doivent plus être sacrifiés pour construire toujours plus
  • Les toits et façades peuvent être végétalisés mais l’efficacité de ces solutions en terme d’isolation varie fortement en fonction de l’épaisseur, de l’apport en eau, et du type de plantes. En aucun vas une végétalisation de facade ni de toit ne peut être comparable à une plantation « de pleine terre », c’est-à-dire dans un sol non artificialisé. Un chêne planté dans la terre (4 mètres de profondeur racinaire) ne vaudra jamais un tapis de sedums sur un toit (qui peut vivre dans 15 cm de terre).
  • Toutes les solutions ci-dessus peuvent être facilement mises en œuvre par les mairies pour les nouvelles constructions, pour remplacer le couple infernal béton + climatisation. Il suffit d’édicter une « charte » exigeant que ces solutions soient mises en œuvre dans toute nouvelle construction, et s’imposant en particulier aux promoteurs. Il suffit en réalité d’imposer aux intérêts privés les intérêts de l’ensemble des habitants devant une situation d’urgence climatique qui porte les germes de graves conséquences sanitaires, économiques et sociales.
  • Les PLU ne doivent plus permettre le remplacement des arbres de grande envergure par de frêles jeunes arbres, aujourd’hui institué à grande échelle via les permis de construire. Quand on sait que la définition d’un arbre de haute tige dans notre PLU est un arbre dont le tronc, à l’âge adulte, fait plus de 1,80 m de hauteur, on comprend qu’au mieux il va falloir attendre 70 à 80 ans pour que l’arbre jeune nouvellement planté produise autant d’ombre et de fraicheur et absorbe autant de CO2 que l’arbre de 26 mètres qu’il remplace, et plus probablement l’arbre planté en remplacement (souvent d’une essence à faible développement et à type de feuilles produisant beaucoup moins de fraicheur) n’atteindra jamais les 26 mètres de l’arbre d’origine, et ne rendra jamais autant de services.
  • Sur le domaine public, les collectivités ne doivent plus considérer l’arbre comme un mobilier urbain interchangeable dès qu’il gène ou pour éviter le ramassage des feuilles. De plus, face aux canicules qui vont se succéder et monter en intensité, les jeunes arbres plantés en remplacement des grands arbres tombés en disgrâce ne seront bientôt plus prioritaires à l’arrosage, donc mourront. Nous ne serons en effet pas certains d’avoir les moyens de les suivre en arrosage pendant leur phase de croissance.
  • Pour terminer, il faut surtout … construire le moins possible. Le réflexe « construire », doit être remplacé par le principe « réhabiliter et rénover l’existant ». Plus de 3 millions de logements sont vacants en France, soit près de 1 logement sur 10, selon les chiffres de l’Insee. Et parmi ces 3 millions, 1,1 million le sont depuis plus de 2 ans. Sans compter les immeubles de bureaux inoccupés : l’Ile-de-France à elle seule compte 3 millions de m2 de bureaux vides auxquels se rajoutent entre 3 à 6 millions de m2 du fait du télétravail. Comme le dit Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes, dans une interview à la Gazette des communes, « c’est la fin de la ville facile, qui s’étale, qui démolit et reconstruit, qui ne prend pas en compte l’existant. Il faut désormais penser une ville qui réponde à ces trois crises : celle des ressources de la planète, de l’adaptation au changement climatique et de la biodiversité. Au moment où l’on s’interroge sur la façon dont va se faire le « zéro artificialisation nette », il faut regarder ce dont on dispose déjà et réfléchir à comment faire avec l’existant. »
  • Enfin, en ce qui concerne la voirie, le revêtement des chaussées, trottoirs, et autres surfaces exposées au soleil doit être refait en couleur claire pour réfléchir la lumière (jusqu’à 30°C de différence !). C’est ce que font Athènes et Los Angeles

D’autres solutions sont encore en cours d’expérimentation :

  • Les bâtiments peuvent être connectés à des réseaux de refroidissement sans rejet de chaleur (contrairement à la climatisation)
  • Les panneaux solaires sur les toits, les murs, certaines façades, ou en surplomb, en plus de produire de l’énergie, procurent de l’ombre et absorbent la chaleur à la place des surfaces concernées

Quelques sources et ressources

France-Inter, émission « le débat de midi » du 17 Aout 2022 : Canicule : les villes à l’épreuve de la montée des températures

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-de-midi/le-debat-de-midi-du-mercredi-17-aout-2022

Canicules 2022 : nos villes sont-elles condamnées à devenir des fours ?

https://www.youtube.com/watch?v=lg8hsNjTlUo

Canicules : dans l’enfer des villes : article très documenté de Médiapart paru le 15 juillet 2022

Lien vers le pdf

Planter des arbres en ville peut sauver des dizaines de milliers de vies par an

https://www.notre-planete.info/actualites/planter-arbres-ville-pollution-air-sante

Les rôles de l’arbre en ville :

https://ileau.ca/sites/default/files/upload/roles_arbre_en_ville_cerfo.pdf

L’importance des grands arbres en ville :

https://theconversation.com/en-ville-les-grands-arbres-sont-indispensables

Plus un arbre est vieux, plus il absorbe du CO2

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/plus-un-arbre-est-vieux-plus-il-absorbe-du-co2

L’arbre urbain est un formidable outil de lutte contre le changement climatique puisqu’il permet à la fois d’atténuer l’impact du volume d’émission de gaz à effet de serre des activités anthropiques de la ville mais aussi de réduire l’effet de l’Îlot de Chaleur Urbain (ICU) voire de créer un Îlot de Fraîcheur Urbain (IFU).

http://www.arbre-en-ville.fr/

Avec des vergers urbains, la ville devient comestible

https://reporterre.net/Avec-Vergers-urbains-la-ville-devient-comestible

Débitumer les villes

https://www.liberation.fr/france/2019/09/27/debitumisation-des-villes-casser-la-voie

Près d’un logement sur dix est vacant en France

https://www.radiofrance.fr/franceinter/pres-d-un-logement-sur-dix-est-vacant-en-france

Et si l’on transformait les bureaux vides en logements ?

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-urbanisme-demain/et-si-l-on-transformait-les-bureaux-vides-en-logements