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Mars 2024 : actualité Butte-Rouge

Après 7 ans d'atermoiements enfin une lueur d'espoir ?

Le projet de réhabilitation de trois immeubles de la cité-jardin de la Butte Rouge est une belle initiative que nous ne pouvons que soutenir. En tout, 24 logements, situés au 5,7-9 et 11 avenue de Saint-Exupéry, face au Parc Léonard de Vinci, sont concernés. L’équipe d’architectes choisie pour ce projet  a  l’expérience d’une réhabilitation réussie, celle de la cité-jardin de Stains. Le projet tel que  présenté dans un prospectus s’insère bien dans l’espace et ne dénature pas l’urbanisme du quartier. Les logements sociaux, les espaces verts et le patrimoine y sont préservés, comme nous le demandons sans relâche depuis plusieurs années.

Nous appelons à la poursuite de cette démarche, car 24 logements, alors que la cité-jardin en compte 3800, cela représente moins de 1% de la cité-jardin !

Nous savons tous que pour préserver le climat et la qualité de vie il est préférable de ne pas détruire mais de réhabiliter.  A la Butte Rouge, les habitants sont attachés à la qualité de leur cadre de vie et ils ne souhaitent pas déménager. Ils vivent dans un splendide parc arboré de 40 hectares d’espaces verts et d’arbres remarquables

Nous demandons que, dans l’immédiat, les logements actuels soient entretenus correctement. De nombreuses dégradations ne sont liées qu’au manque d’entretien de la cité-jardin. De plus, nous estimons qu’il est aujourd’hui temps de rendre public a totalité du projet concernant les 3800 logements de la cité-jardin. Ses 8000 habitants ont le droit de connaître l‘avenir qui est réservé à leur quartier, ils sont directement concernés.

Aujourd’hui nos craintes de destruction de la cité-jardin demeurent. Cette destruction aurait un impact extrêmement négatif tant sur le plan social qu’environnemental. Plus que jamais, nous appelons à une réhabilitation ambitieuse de la Butte Rouge permettant aussi de préserver son splendide parc arboré.

Disparition du stade Pitray-Olier

Disparition du stade Pitray-Olier

Des panneaux d’affichage ont été récemment posés sur les grillages du stade Pitray-Olier pour indiquer que des permis de démolir et d’aménager ont été délivrés. Ce stade, situé 30 Grande voie des Vignes, en face du futur groupe scolaire de LaVallée, est composé de deux terrains de football en synthétique.     

A leur place, un projet de construction de 410 logements et de 533 places de stationnement a été déposé auprès du ministère chargé de l’environnement. Cette opération sera dense, avec de nombreux bâtiments très proches les uns des autres. 30 035 m² de bâti sur un terrain de 23 000 m².
De trop nombreuses opérations immobilières ont été pourtant réalisées ou sont en cours. Cette bétonisation ne s’accompagne pas de la construction des équipements et services publics adéquats : notre ville manque par exemple significativement d’équipements sportifs pour les collégiens, les lycéens, les sportifs de Châtenay-Malabry. Or les terrains de tennis qui existaient sur le terrain jouxtant le stade Pitray-Olier ont déjà été remplacés par des immeubles, sans préemption de la part de la municipalité. Il n’existe à Châtenay-Malabry qu’un seul terrain de football synthétique et un seul en gazon.
Avant de construire de nouveaux logements, notre municipalité devrait se préoccuper des services publics et équipements offerts aux Châtenaisiennes et Châtenaisiens. Pour cela, nous ne manquerions pas de possibilités, si la majorité en place se saisissait de sa capacité à préempter des terrains à vendre.

Quelle école pour nos enfants et les adultes qui les entourent

Quelle école pour nos enfants et les adultes qui les entourent ?

Beaucoup de mairies agissent pour améliorer la vie dans les écoles, relever les défis de demain. Ici à Châtenay-Malabry :
– On présente fièrement la nouvelle école Jean Jaurès conçue avec une cour bétonnée sur un toit. Invivable lors des canicules qui deviennent régulières! Dans les autres écoles, on maintient des cours avec deux, un seul, voire aucun arbre pour l’apport d’ombre, de fraîcheur et d’oxygène ! Or des financements et structures existent pour végétaliser les cours, à l’image de Fontenay aux Roses et Antony.
– On annonce aux habitants de LaVallée pour la troisième fois que la rentrée dans la nouvelle école Voltaire n’aura pas lieu. Belle
gestion de projet !
– On refuse les mesures de précaution demandées par les parents d’élèves à la création du square de l’école Jules Verne.
Ainsi après l’accident d’un enfant, des barrières le long de la chaussée sont enfin installées.
– A la cantine de l’école Thomas Masaryk, les enfants se plaignent d’assiettes sales, de portions limitées sans possibilité de se resservir, alors que le droit des parents d’élèves élus à observer le temps du midi est entravé.
– On ne prend pas au sérieux depuis des années les enseignants et parents d’élèves de Pierre Mendès France et des autres écoles sur les problèmes récurrents de ménage des WC et des classes.
Enfin, à lire les noms de ces écoles, on se demande où est passée l’autre moitié de l’humanité, les femmes, comme figure et
modèle pour nos enfants (la majorité des professionnel-le-s des écoles apprécieront).

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[TRIBUNE] Soixante dix ans après l’appel pour dénoncer le mal logement…

[TRIBUNE] Soixante dix ans après l’appel pour dénoncer le mal logement…

Dans notre département, le plus riche de France, des milliers de personnes sont à la rue et le 115 n’arrive pas à faire face aux besoins. Mais ne nous trompons pas de combat. S’il est nécessaire de trouver des places d’hébergement, des chambres d’hôtels, ce n’est pas une solution durable. Il faut un logement, un chez soi pour tous. Comment vivre, travailler, élever ses enfants, avoir une vie sociale et familiale sans un logement ? Pourquoi une telle situation, alors que l’on voit des chantiers de construction un peu partout, particulièrement à Châtenay-Malabry ?

L’immobilier, par ses prix tant à l’acquisition qu’à la location, n’est plus accessible aux ménages modestes ou pauvres. La seule solution est d’accéder au logement social, mais cet accès est de plus en plus difficile car la demande est croissante.

états généraux municipaux de la relation police

Suite aux émeutes consécutives à la mort de Nahel qui ont marqué notre ville, le CCC appelle à des états généraux municipaux de la relation police – habitants.

Au départ, il y a eu le décès d’un adolescent, Nahel, tué par un policier. Les images semblent montrer que ce policier n’était pas en danger, contrairement aux premières affirmations de source policière. La justice a inculpé ce policier d’homicide volontaire et l’a placé en détention provisoire, et ce sera bien-sûr à elle de se prononcer.

Premier problème : ces cas tragiques se multiplient : 37 décès selon l’IGPN en 2021, plusieurs dizaines chaque année, de plus en plus depuis la loi de 2017 permettant aux forces de l’ordre d’utiliser leur arme à feu en cas de refus d’obtempérer, sans parler de l’escalade dans les techniques et équipements de maintien de l’ordre …

Certains policiers semblent bafouer les règles d’utilisation de leurs armes (voir https://reporterre.net/Les-textes-officiels-encadrant-le-maintien-de-l-ordre ), qu’il s’agisse des armes à feu de service, ou des armes de maintien de l’ordre comme les LBD ou les lanceurs de grenades lacrymogènes ou de désencerclement (ripostes non proportionnées, tirs tendus de grenades alors qu’ils devraient être « en cloche », tirs de LBD visant des parties du corps interdites ou tirés à distance trop rapprochée).

Le plus souvent, les policiers tireurs se réclament d’une légitime défense, qui apparait régulièrement douteuse après-coup (absence de danger, personnes touchées dans le dos, …).

Toujours est-il que la seule réaction aux émeutes qui ont suivi la mort de Nahel ont généré, selon un décompte provisoire, un mort (Mohamed ; 3 policiers mis en examen), un cas de coma (Aimene), un cas de crâne fracassé (Hedi ; 4 policiers de la BAC mis en examen pour « violences aggravées »), et 5 personnes éborgnées (Abdelkarim, Jalil, Virgil, Mehdi, Nathaniel).

Rappelons que les armes utilisées en France (certaines léthales) sont uniques en Europe, de même que la « souplesse » dans les règles d’utilisation.

Rappelons aussi que la France a été rappelée à l’ordre par l’ONU et par le Conseil de l’Europe.

 

Deuxième problème : parmi ces victimes, on constate malheureusement une proportion anormalement élevée de jeunes issus de l’immigration maghrébine ou sub-saharienne, de même que ces jeunes ont une probabilité 20 fois plus importante que les autres d’être contrôlés (déclaration du Défenseur des Droits en 2017).

Y aurait-il un racisme systémique dans une partie de la police ?

Contrairement à d’autres pays européens, l’égalité des citoyens devant la police n’est pas centrale dans la formation des policiers, et aucun débat public n’a lieu sur les « biais raciaux » dont peut souffrir la police (https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/07/09/mort-de-nahel-m-les-discriminations-prises-en-compte-par-la-plupart-des-polices-d-europe-relevent-en-france-du-non-dit_6181166_3232.html )

Bien-sûr, il nous faut aussi entendre le malaise ressenti par les forces de l’ordre, qui dure depuis plusieurs années : confrontées à des crises sociales, aux situations humaines les plus difficiles, aux manifestations, aux émeutes, aux différentes formes de délinquance, au trafic de drogue, elles sont parfois démunies devant l’ampleur de la tâche.

Le manque de formation des policiers, leurs baisses d’effectifs, les baisses de niveau de recrutement (https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220701234.html ), leurs conditions de travail stressantes , leur épuisement, sont à prendre en compte.

Il n’est pas étonnant que cet environnement de travail, surtout combiné aux techniques policières surarmées, conduise à ces bavures policières parfois meurtrières.

 Ces problèmes de relation entre la police et la population sont au cœur du modèle républicain et démocratique.

Il est essentiel de restaurer une confiance dans les deux sens entre police et habitants, et plus particulièrement avec la jeunesse d’origine immigrée.

C’est au niveau national que ce sujet doit être pris à bras de corps. Malheureusement, notre pays n’en prend pas le chemin.

En ce qui concerne Châtenay, où de nombreuses violences urbaines ont eu lieu en miroir des violences policières, le CCC appelle à des états généraux municipaux de la relation policier – habitant, avec des cellules de rencontre dans toutes les écoles publiques collèges et lycées de la ville, qui aboutira à une série de recommandations présentées aux élus et aux autorités au terme de 6 mois d’échanges.

Il s’agirait de 6 ateliers-débats thématiques de 2h30 chacun, au rythme de un par mois, animés par des intervenant.e.s des quartiers, des commerçant.e.s, des habitant.e.s, des spécialistes de sciences sociales, des associations, un.e modérateur.trice.

Ces débats se centreraient à chaque fois sur une thématique différente et incluraient peu à peu les policier.e.s volontaires de la Police Nationale comme de la Police Municipale, avec l’aide du policier dédié à la prévention qui intervient déjà dans les écoles et collèges de la ville.

Ces échanges de vues déboucheraient sur la proposition de 10 mesures concrètes à présenter au maire de Châtenay et à la Préfecture.

Ces états généraux sont un moyen efficace de mettre la ville sur une trajectoire de désescalade de violence dans la relation policier-habitant.

Ce type d’initiative existe dans de nombreuses communes : 18eme et 19eme arrondissements de Paris (https://espoir18.org/rencontres-police-population/) , Rennes (https://www.lagazettedescommunes.com/803748/relations-police-population-des-rencontres-pour-agir-sur-le-terrain/) , Beauvais (https://actu.fr/hauts-de-france/beauvais_60057/pourquoi-les-policiers-veulent-rencontrer-les-habitants-de-cette-ville-de-l-oise_59369327.html) , etc…

Nous nous basons également sur les conclusions de l’étude approfondie réalisée par Manuel Boucher, docteur en sociologie et directeur de recherches, suite à une longue enquête sociologique réalisée conjointement dans des écoles de police et dans des quartiers populaires de Paris, Marseille, et la Seine Saint Denis :

https://www.cairn.info/revue-pensee-plurielle-2014-2-page-77.htm

Ces états généraux viendraient compléter les actions récurrentes réalisées depuis des années par le pôle « Gestion Urbaine et Sociale de Proximité » de l’IDSU (Insertion Développement Social Urbain – structure associative mandatée et financée par les pouvoirs publics), en particulier dans le cadre du CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), et les conclusions et mesures qui en découleraient seraient mises en œuvre dans le cadre du nouveau contrat de ville renouvelé.

Parlons-nous, surtout écoutons-nous, et proposons des mesures concrètes.