CM20200528-Discours de Stéphane Dieudonné

Conseil Municipal d'installation du 28 mai 2020
-
Discours de Stéphane Dieudonné

Mesdames et Messieurs, chers collègues

C’est avec fierté que je prends la parole ce soir au nom de notre Collectif Citoyen Châtenaisien. Fierté d’avoir réussi à rassembler des sensibilités politiques diverses autour d’un projet et de valeurs communes : transition écologique, démocratie locale, solidarités. Fierté pour la générosité et l’engagement sans faille des membres de notre collectif, au service de l’intérêt général. Fierté de mesurer le travail accompli en très peu de temps et de voir l’espoir que nos propositions ont fait naître dans le cœur des Châtenaisiens, espoir dont témoigne un score proche de la parité dans de nombreux bureaux du centre-ville. Je remercie à cette occasion les 2671 Châtenaisiennes et Châtenaisiens ayant exprimé leur confiance en nous accordant leur vote.

Le score du 15 mars a donné une majorité à votre équipe municipale, et ne nous permettra pas de mettre en œuvre notre programme. Cependant, l’élection a surtout été marquée par un taux record d’abstention de 58,5 %, en très forte progression par rapport au taux de 2014, lui-même déjà élevé. Au niveau National, comme au niveau local, être élu avec le suffrage de 27,4 pourcent des inscrits est le signe d’une défiance préoccupante envers la démocratie représentative, telle qu’elle est actuellement pratiquée. Cette défiance devrait nous inciter à mieux écouter les demandes de nos concitoyens en mettant en oeuvre une démocratie communale qui ne se borne pas à une élection tous les 6 ans. Nous militerons pendant cette mandature pour avoir, au sein de ce conseil, un réel débat d’idées autour des décisions engageant l’avenir de Châtenay-Malabry et pour pouvoir y entendre les préoccupations de nos concitoyens, au travers d’une démocratie participative élargie. Il est plus que jamais nécessaire de libérer les énergies de nos concitoyens et d’accompagner leurs projets pour qu’ils puissent mieux prendre en main leur avenir et leur cadre de vie.

Il n’est qu’à se remémorer les évènements des 12 derniers mois, canicule, mouvement des gilets jaunes, phénomènes climatiques extrêmes, pandémie virale, pour constater l’ampleur des défis auxquels nous allons devoir faire face dans les mois et les années à venir. Etant scientifique et biologiste, je suis à même de juger de l’état déplorable dans lequel se trouve notre planète. Tous les faits scientifiques le démontrent, et je peux vous le dire sans la moindre hésitation, nous sommes en train de glisser, et à vitesse accélérée, vers l’abime. Cette constatation a nourri notre engagement citoyen au cours de la campagne. Il nous est apparu vital de rompre radicalement avec les politiques menées dans les dernières décennies et de proposer un chemin audacieux pour une transition écologique et sociétale à Châtenay-Malabry. Réveillons-nous ! Le « business as usual » ne peut plus être considéré comme une négligence ou une paresse, il devient un crime envers les générations futures.

Châtenay-Malabry, par sa structure socio-professionnelle équilibrée, dans la moyenne de l’Ile de France, et par son cadre encore préservé, offre pourtant une opportunité unique d’innover, pour élaborer un modèle d’urbanisme et de vivre-ensemble soutenable. Notre ambition est de pouvoir être une force de proposition au sein de ce conseil, pour qu’ensemble nous fassions advenir le meilleur pour tous nos administrés. Cela ne pourra se faire sans un respect mutuel, qui est le fondement d’une démocratie vivante. Chacun d’entre nous a sans doute une partie des solutions dont nous avons tous si instamment besoin pour construire un avenir fécond.

Je terminerai par une observation et une requête. La situation d’urgence sanitaire que traverse le pays oblige ce conseil municipal à se tenir à huis clos. Cette situation subie ne doit pas empêcher de prendre toutes les mesures possibles pour assurer l’accès de cette séance au plus large public. Les moyens technologiques actuels le permettent et la loi l’encourage. N’ayant reçu aucune information à ce sujet de la part des services municipaux nous avons donc pris l’initiative d’enregistrer cette séance afin d’en partager le contenu avec les membres de notre Collectif et, plus largement, avec les Châtenaisiennes et les Châtenaisiens intéressés. Je suis certain que vous aurez à cœur de reprendre cette initiative à votre compte pour les prochains conseils municipaux. Comme dans beaucoup de municipalités, le conseil pourrait dorénavant être filmé et retransmis en direct sur le site de la Mairie, en tenant compte, bien entendu, des réserves légales pour les participants non-élus.

Cette prise de parole est également l’occasion d’exprimer notre gratitude à tous ceux qui, par leur travail pendant la période de confinement, ont permis à la population de vivre au mieux ces moments difficiles. Nous avons une pensée spéciale pour les personnes ayant perdu un être cher.

Nous tenons enfin à saluer nos collègues ayant œuvré pour Châtenay-Malabry au sein de ce conseil en siégeant lors de la précédente mandature.

Je vous remercie de votre attention et place mes espérances dans les délibérations futures de ce conseil.

Cité-jardin des Grésillons

Rénover une cité-jardin sans destruction c'est possible !

Le bailleur social « Hauts de Seine Habitat » vient de racheter la cite-jardin des Grésillons à Asnières pour 62 Millions d’€uros et consacrera 75 Millions d’€uros pour sa rénovation, en opérations « tiroir » permettant de reloger sur place les habitants, et sans destruction.
Ce projet revitalise l’eco-quartier et est nettement moins coûteux, en argent et en émission carbone, qu’une destruction-reconstruction.

http://www.hautsdeseinehabitat.fr/notre-actualite/asnieres-sur-seine-acquisition-de-la-cite-jardins-des-gresillons-719-logements

Pourquoi le bailleur social « Hauts de Bievre Habitat », qui regroupe la plus grande partie des logements sociaux d’Antony et de Chatenay Malabry, et au Conseil d’Administration duquel siège Georges Siffredi, ne pourrait-il pas faire pareil à la Cité-Jardin de la Butte Rouge ? 

Notre tract de campagne sur la Butte-Rouge

Transition écologique

La sur-densification encore et encore

La sur-densification...
encore et encore

Aux numéros 42-60 rue Vincent Fayo, il y a actuellement 9 pavillons, des arbres et jardins. Un permis de construire a été signé le 15 novembre 2019 par la mairie de Châtenay-Malabry autorisant des constructions à cet emplacement. C’est un programme Franco Suisse qui prévoit 120 logements, avec encore une fois aucun logement social. Cent vingt logements, il s’agit d’une opération importante, c’est l’équivalent de la résidence La Baleine (130 logements). Cela représente 3 à 4 opérations classiques.

Pourtant, la ville de Chatenay-Malabry a déjà répondu aux attendus de l’Etat en termes de densification : ces dernières années la mairie a construit deux fois plus de nouveaux logement que l’objectif fixé par la métropole, et le seul projet de LaVallée (ancien site de l’Ecole Centrale) remplit ces objectifs pour les 10 prochaines années.

Une telle opération constitue un pas de plus vers l’abandon de la silhouette architecturale plus pavillonnaire de la ville, et vers le remplacement des ilots de fraicheur par de futurs ilots de chaleur lors des canicules, sans compter les autres conséquences négatives de l’artificialisation des sols sur la biodiversité et le cycle de l’eau.

Ce permis de construire est affiché le 16 mars, au lendemain des municipales, au moment de la période de confinement en France. Cet affichage en période de confinement aurait normalement dû empêcher un recours qui doit être fait dans les deux mois après l’affichage.

Dans un premier temps, une ordonnance gouvernementale allongeait considérablement les délais de recours possibles suite à une publication de permis de construire pendant la période de confinement.

Suite aux réactions indignées des professionnels du bâtiment, une nouvelle ordonnance publiée le 15 avril, restreint ces allongements de délais. Le nouveau délai de recours démarre à la date officielle de fin de confinement qui est actuellement fixée au 24 mai. Pour le permis de construire du projet immobilier Franco Suisse de la rue Vincent Fayo, ce délai de recours irait jusqu’au 24 juillet.

Voir ci-dessus  une « vue d’artiste » de la construction finale et ci-dessous un plan du projet. On y remarque une densité proche de Paris, et on voit que le PLU autorise des constructions au raz du trottoir et sans limite au niveau de l’emprise au sol.

Le monde de demain aura 2 roues

Le monde de demain aura 2 roues

Et si le vélo devenait l’outil de déplacement parfait en période post-confinement?

Nous apprenons dans le Parisien du mardi 14 avril 2020 que « L’écologiste Pierre Serne, ex vice-président aux transports de la région Ile-de-France, s’est vu confier par le gouvernement une mission destinée à favoriser les déplacements à vélo lors du futur déconfinement d’après 11 mai. » Par ailleurs plusieurs villes envisagent de créer des pistes cyclables temporaires sur les grands axes. Le vélo semble en effet la solution de transport qui permet (contrairement à la voiture) de maintenir le faible niveau de pollution de l’air auquel nous prenons gout depuis quelques semaines, tout en garantissant une distanciation sociale (contrairement aux transports en commun).

La sécurisation et la facilitation des déplacements en vélo faisait partie des propositions importantes de la campagne du Collectif Citoyen Châtenaisien pour les élections municipales, dans le cadre d’une transition écologique profonde permettant d’anticiper les difficultés sociétales à venir. Les évènements récents nous donnent malheureusement raison. Ils ringardisent un peu plus la position du Maire en place, selon laquelle Châtenay-Malabry n’a pas besoin d’aménagements cyclistes, bien que se situant en dernière position des communes du département pour la facilité de déplacement à vélo (Parlons Vélo 2019).

A l’avant-dernier conseil municipal M. Siffredi avait répondu à une demande de l’opposition en balayant d’un revers de main l’opportunité d’un plan vélo, avançant des arguments topologiques et financiers:

« Dans la Cité-jardin, je ne pense pas que les parcours à vélo soient très faciles à mettre en œuvre pour l’instant. Parce que les voies sont très étroites et qu’il n’y a pas de stationnement. Il y a des voitures un peu de partout. Donc, pour les vélos qui s’y promèneraient, ce serait un peu dangereux. »

M. le Maire a-t-il déjà rencontré une circulation automobile dense dans la Cité-Jardin ? Nous ne devons probablement pas parler du même lieu.

« En plus, c’est très vallonné la Cité-jardin. Ou bien il faut avoir de bons mollets, ou bien il faut avoir recours à un vélo électrique. Est-ce que vous connaissez le prix d’un vélo électrique ? Je ne pense pas que la population qui habite la Cité-jardin ait majoritairement les moyens de se payer un vélo à minimum 2 000 €. Ou alors je ne connais pas bien la population qui y habite. »

Surtout, M. le Maire ne connait pas bien le prix d’un vélo électrique, autour de 800 € pour un modèle robuste de base dont la moitié est subventionnée par la région. Nous pouvons aussi lui rappeler qu’un passe Navigo à l’année coûte 827 €. Le vélo serait amorti en six mois, et nous ne parlons même pas des possibilités de vélos en location. C’est évidemment bien moins que le prix d’une voiture, de son assurance et de son entretien. Il est donc urgent d’aménager notre ville pour le stationnement et la circulation sécurisés des vélos.

Le vélo, c’est simplement la solution de mobilité 4 fois gagnante : pas chère, pas polluante, agréable, et excellente pour la santé !

En espérant que cette proposition saura, cette fois, être entendue.