les canicules et les arbres 4

Châtenay-Malabry face aux canicules - Article 4/4
Châtenay-Malabry fait l’inverse de ce qu’il faut faire

Une série en 4 articles:

  1. Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.
  2. Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.
  3. De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.
  4. Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse, à grande échelle.

 

Article 4/4: Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse de ce qu’il faut faire, à grande échelle.

Que fait la municipalité de Châtenay-Malabry, concrètement, pour protéger ses habitants des canicules?

La communication verte dont la majorité municipale nous abreuve à longueurs de pages du magazine municipal n’est qu’un vernis de façade (« greenwashing »).

Elle est essentiellement basée sur la présence de grands parcs gérés par le département (Vallée aux Loups, Parc de Sceaux), qui constituent certes un atout pour notre ville, mais qui sont loin de suffire pour répondre à la problématique des canicules et des ilots de chaleur urbains.

Dans la réalité, les décisions de la mairie de notre « Ville Parc », addict aux constructions (pour les raisons présentées plus bas), ne font qu’aggraver terriblement les conséquences des canicules pour les chatenaisiens, alors qu’il serait facile de les protéger avec une conscience du problème, et un peu de réflexion prospective et d’anticipation.

De plus, ce sont, comme toujours, les plus modestes d’entre nous qui souffriront le plus de cette politique.  Notre ville, en se soumettant aux intérêts financiers des géants français de la construction immobilière, ne se soucie pas des conséquences sociales. Mais tout le monde ne peut pas se payer un jardin ou une isolation dernier cri.

La ville doit être pensée pour tous et pas seulement pour la minorité qui dispose des ressources nécessaires à court terme pour se protéger des conséquences climatiques. Les gens des quartiers populaires doivent habiter une ville respirable et pouvoir se protéger de la chaleur, pour un quotidien vivable.

Voici une liste, malheureusement incomplète, des actions de la ville qui vont à l’opposé des solutions permettant de protéger les chatenaisien.ne.s des effets des canicules.

  • LaVallée : un nouveau quartier hyperdense, hyperminéralisé, intégralement en béton sur 21 hectares (mis à part l’école), sans rien exiger d’autre des promoteurs que le minimum légal en terme de normes de construction protégeant des canicules. Résultat : une étude d’experts y prédit des logements « fournaises » malgré la présence du Parc de Sceaux d’un côté et de la coulée verte de l’autre.

Il s’agit du rapport complet sur les îlots de chaleur urbains dans le quartier LaVallée, intitulé « Coup de chaud à LaVallée. Symptôme d’une conception urbaine inachevée » qui a été produit par l’Ecole d’architecture de la ville et des territoires Paris Est en mars 2020. Ce rapport détaillé est très éloquent. Il est accessible sur notre site web où il est accompagné de plusieurs articles sur LaVallée :

https://collectifcitoyenChâtenay.org/ou-va-le-nouveau-quartier-lavallee/

A noter aussi que la moitié d’une magnifique double allée de tilleuls a été abattue pour pouvoir densifier encore plus.

  • Tram T10 : 3,5 hectares de forêt ont été détruits pour construire le site de maintenance et de remisage des tramways. Pourtant, l’opposition municipale et les associations avaient proposé des modifications au projet qui auraient évité un tel désastre. Mais la Mairie de Châtenay-Malabry n’a pas voulu les écouter. Pire, un dossier technique erroné a fait éliminer un autre site possible qui aurait permis d’éviter ce massacre.

https://collectifcitoyenChâtenay.org/dossier-tram/

  • Square Robinson : un espace vert communal vendu aux promoteurs pour y faire un immeuble en béton. Un majestueux cèdre centenaire et 22 autres arbres de grande envergure abattus. Pause fraicheur supprimée pour les chatenaisiens qui sortent du RER, attendent le bus, ou font leurs courses dans le quartier.

https://collectifcitoyenChâtenay.org/robinson-comment-la-mairie-a-t-elle-pu-permettre-et-meme-faciliter-ce-desastre-ecologique/

  • La place de l’enfance devant l’école Jules Verne est un exemple type d’îlot de chaleur : entièrement bétonnée avec des arbres plumeaux, on y suffoque à partir du mois de mai.
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  • Des centaines de grands arbres situés sur le domaine public ont été abattus ces dernières années. Ils sont remplacés par des essences plus faciles à entretenir (ne perdant plus leur feuilles …) mais de beaucoup plus petite envergure et apportant beaucoup moins d’ombre et de fraicheur. Quel gâchis ! On peut citer la Division Leclerc, mais aussi l’exemple intéressant de l’avenue Edouard Depreux où les platanes ont été abattus et remplacés sur le trottoir Ouest situé sur notre ville, mais gardés par la ville de Sceaux sur le trottoir Est. Cet été, il était facile d’observer sur quel trottoir marchaient les piétons.
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  • On ne compte plus les multiples arbres et petits espaces verts entre deux anciens bâtis privés qui ont été détruits pour permettre les nouvelles résidences qui fleurissent de partout dans la ville.
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  • Les arbres, même les plus remarquables, ne sont pas protégés lorsqu’ils sont situés sur le domaine privé. Alors que certaines villes du 92 ont recensé les arbres remarquables existant sur leur domaine privé et les ont protégés comme tels dans leur PLU, Châtenay-Malabry a choisi (comme explicitement indiqué dans le PLU de notre ville) de ne pas recenser ni protéger les arbres remarquables situés dans les propriétés privées.

De même, dans d’autres villes du 92, les agents du service urbanisme se déplacent sur le terrain lors de l’instruction des permis de construire pour constater les caractéristiques des arbres menacés, et refusent certains permis pour cette raison ; mais cette procédure n’est pas appliquée à Châtenay-Malabry.

Exemple de conséquence : Au 64 rue Anatole France, un projet immobilier sur une propriété privée acquise par un promoteur vise à remplacer un pavillon par un lotissement de 8 « villas » collées les unes aux autres sur une surface totale inférieure à 2000 m2. Le permis de construire accordé par la ville autorise la suppression de 4 séquoias double troncs chacun, soit 8 « magnifiques sujets d’environ 26 mètres, en pleine croissance malgré leur 70 à 80 ans d’âge, d’une très bonne vigueur et en pleine santé sanitaire, bref des arbres remarquables », selon l’expert de l’association A.R.B.R.E.S. Ces séquoias sont de véritables éléments de paysage pour tout le quartier. Au moment où nous écrivons ces lignes, leur abattage semble imminent. Bien-sur, la mairie a exigé qu’ils soient remplacés par autant d’arbres « à haute tige », c’est-à-dire dont le tronc mesurera au moins 1,8 mètres à l’âge adulte …

  • Le Bois de Verrières est également menacé :

https://collectifcitoyenChâtenay.org/la-majorite-municipale-vote-contre-une-protection-acceleree-du-bois-de-verrieres/

  • Cours d’école : alors qu’énormément de villes remplacent le revêtement artificiel de leurs cours d’écoles par des sols naturels et végétalisés, la nouvelle Ecole Primaire Jean-Jaurès inaugurée le 21 mai 2022 a sa cour de récréation 100% minérale sur le toit terrasse de l’école.

https://collectifcitoyenChâtenay.org/cours-de-recreation-de-nos-ecoles/

  • Rue Anatole France : 6 millions d’Euros d’argent public vont être dépensés pour la réfection totale de la rue (trottoirs, chaussée, mobilier urbain) :
    • Sans planter un seul arbre dans une rue très longue qui n’en a aucun !!
    • En remettant un asphalte noir. Il nous a été répondu que les bitumes clairs ne sont pas « dans la charte », ils seraient salissants, moins durables, et éblouissants. Pourtant, Athènes et Los Angeles les ont adoptés (voir article précédent)

 

Pourquoi la mairie de Châtenay-Malabry construit-elle tant ?

La mairie prétend qu’il s’agit de répondre à la crise du logement en Ile de France. Mais la prétendue contrainte imposée par l’état n’est qu’un prétexte. Notre ville construit beaucoup plus que ce qui est attendu d’elle. La vraie raison se trouve dans la situation des finances communales :

https://collectifcitoyenChâtenay.org/notre-ville-surendettee-vend/

les canicules et les arbres 3

Châtenay-Malabry face aux canicules - Article 3/4
De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.

Une série en 4 articles :

  1. Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.
  2. Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.
  3. De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.
  4. Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse, à grande échelle.

Article 3/4 : De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants contre les canicules.

Les exemples ci-dessous ne sont qu’un petit échantillon des politiques mises en œuvre avec succès dans des villes de toutes tailles en France comme à l’étranger.

Angers : la nature est réintroduite dans tous les espaces possibles, même les plus petits : mini-jardins en pieds de façade le long des trottoirs, plantes grimpantes sur les façades, joints enherbés entre les pavés, friches industrielles. Les places minérales sont désartificialisées au maximum.

https://www.brut.media/fr/nature/voici-5-facons-de-rafraichir-une-ville-en-la-vegetalisant

Grande Synthe a mis en place une « charte promoteurs » avec des normes de construction des nouveaux logements plus exigeante que les normes nationales. Aujourd’hui, ils demandent des bâtiments passifs, inspirés de ceux construits dans le quartier BedZED à Londres, où les logements sont très bien isolés du froid comme du chaud, pour une facture énergétique de 150 € par an => la ville a fait construire un modèle de ces maisons sur son territoire.

  • Interview passionnante du maire de la ville de Grande Synthe (23 000 habitants). Le sujet des maisons passives est évoqué de la minute 51 à la minute 54.

Écologie municipale : la révolution urbaine ? Damien Carême, au Festival des Pluies de Juillet

  • L’expérience du quartier de BedZED à Londres :

http://carfree.free.fr/BedZed_quartier-zero-emission-sud-londres.pdf

Athènes et Los Angeles ont remplacé leur asphalte noir par un matériau blanc réfléchissant (jusqu’à 6°C de différence mesurée)

https://www.brut.media/fr/nature/voici-5-facons-de-rafraichir-une-ville-en-la-vegetalisant

Séoul : la capitale de la Corée du Sud a choisi de démonter une autoroute urbaine pour découvrir une rivière enterrée et végétaliser ses berges sur plus de 8 kilomètres.

https://urbabillard.wordpress.com/2015/05/10/une-riviere-remplace-une-autoroute-et-redonne-vie-au-coeur-de-seoul/

les canicules et les arbres 2

Châtenay-Malabry face aux canicules - Article 2/4
Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.

Une série en 4 articles:

  1. Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.
  2. Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.
  3. De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.
  4. Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse, à grande échelle.

 

Article 2/4 : Des solutions existent pour permettre aux villes de limiter l’impact des canicules, dans lesquelles l’arbre et un nouvel urbanisme jouent un rôle essentiel.

Les solutions énumérées ci-dessous sont connues et mises en œuvre depuis des années.

Protéger et réintroduire massivement la nature de proximité en ville.

Le premier ensemble de solutions consiste à protéger et réintroduire massivement la nature de proximité en ville (arbres, espaces verts, rivières découvertes, jardins partagés, etc), et en particulier les grands arbres, dans tous les lieux possibles (places, trottoirs, cours d’écoles, friches industrielles, espaces entre les pavés, zones débitumées, etc).

Il faut aussi créer des « trames brunes », c’est-à-dire une continuité entre tous les espaces en pleine terre : cette continuité est indispensable au développement des arbres, de la biodiversité, et à l’infiltration des eaux, …

  • Dans une même rue ou sur une même place, entre une zone entièrement minéralisée, et une zone à l’ombre des arbres avec de la verdure située à seulement quelques mètres de la zone minéralisée, on peut mesurer des différences de température jusqu’à 10 degrés.
  • C’est la végétation à proximité immédiate qui est efficace, beaucoup plus qu’un parc situé à plusieurs centaines de mètres.
  • La communauté scientifique est unanime sur l’importance vitale des arbres de grande envergure dans notre survie face au changement climatique. Ils constituent en ville de véritables trésors de par leur rôle de climatiseurs naturels qui apportent ombre et fraicheur par leur « transpiration », ce que chacun d’entre nous peut apprécier en passant à proximité l’été. De plus, ils contribuent directement à ralentir l’effet de serre puisque la photosynthèse absorbe du CO2 et stocke du carbone pour produire de l’oxygène. Plus un arbre est grand et ancien, plus les services qu’il rend sont grands, plus il apporte d’ombre et de fraicheur, et plus il absorbe de CO2. Mais aussi : plus il limite l’érosion, plus il abrite de biodiversité, plus il embellit le paysage. L’urgence du défi climatique fait de l’arbre mature de grande envergure un bien commun d’intérêt général, un allié à protéger. Une mairie pleinement consciente et informée des crises climatiques à venir et responsable devant ses habitants, devrait sanctuariser les arbres de grande envergure.

Repenser totalement les principes d’urbanisme et de construction des bâtiments

Le deuxième ensemble de solutions consiste à mettre en œuvre des principes d’urbanisme et de construction des bâtiments radicalement différents de la pratique actuelle.

  • Des biomatériaux très performants existent aujourd’hui (briques en terre crue, …). Ils permettent de très bien isoler les logements du froid l’hiver et du chaud l’été, en privilégiant une isolation par l’extérieur à une isolation par l’intérieur. On peut associer ces biomatériaux à des techniques de ventilation (VMC double-flux, …). Ils permettent d’obtenir des logements passifs ou presque, c’est-à-dire ne nécessitant aucun apport d’énergie, ou un apport très faible. Par exemple, dans les logements du quartier BedZED à Londres la facture totale d’énergie (chauffage, eau chaude, etc) est limitée à 150 € annuels ! Les économies ainsi réalisées compensent très rapidement le (léger) surcout de construction.
  • Les appartements doivent être traversants et leur orientation bien pensée (comme c’est le cas à la Butte Rouge, et contrairement aux appartements dans les résidences construites par les promoteurs ces dernières décennies).
  • Les couleurs et revêtements (façades, volets, toits) doivent être clairs pour réfléchir la lumière (les couleurs foncées absorbent la chaleur)
  • Les petits espaces verts et « dents creuses » entre 2 bâtis ne doivent plus être sacrifiés pour construire toujours plus
  • Les toits et façades peuvent être végétalisés mais l’efficacité de ces solutions en terme d’isolation varie fortement en fonction de l’épaisseur, de l’apport en eau, et du type de plantes. En aucun vas une végétalisation de facade ni de toit ne peut être comparable à une plantation « de pleine terre », c’est-à-dire dans un sol non artificialisé. Un chêne planté dans la terre (4 mètres de profondeur racinaire) ne vaudra jamais un tapis de sedums sur un toit (qui peut vivre dans 15 cm de terre).
  • Toutes les solutions ci-dessus peuvent être facilement mises en œuvre par les mairies pour les nouvelles constructions, pour remplacer le couple infernal béton + climatisation. Il suffit d’édicter une « charte » exigeant que ces solutions soient mises en œuvre dans toute nouvelle construction, et s’imposant en particulier aux promoteurs. Il suffit en réalité d’imposer aux intérêts privés les intérêts de l’ensemble des habitants devant une situation d’urgence climatique qui porte les germes de graves conséquences sanitaires, économiques et sociales.
  • Les PLU ne doivent plus permettre le remplacement des arbres de grande envergure par de frêles jeunes arbres, aujourd’hui institué à grande échelle via les permis de construire. Quand on sait que la définition d’un arbre de haute tige dans notre PLU est un arbre dont le tronc, à l’âge adulte, fait plus de 1,80 m de hauteur, on comprend qu’au mieux il va falloir attendre 70 à 80 ans pour que l’arbre jeune nouvellement planté produise autant d’ombre et de fraicheur et absorbe autant de CO2 que l’arbre de 26 mètres qu’il remplace, et plus probablement l’arbre planté en remplacement (souvent d’une essence à faible développement et à type de feuilles produisant beaucoup moins de fraicheur) n’atteindra jamais les 26 mètres de l’arbre d’origine, et ne rendra jamais autant de services.
  • Sur le domaine public, les collectivités ne doivent plus considérer l’arbre comme un mobilier urbain interchangeable dès qu’il gène ou pour éviter le ramassage des feuilles. De plus, face aux canicules qui vont se succéder et monter en intensité, les jeunes arbres plantés en remplacement des grands arbres tombés en disgrâce ne seront bientôt plus prioritaires à l’arrosage, donc mourront. Nous ne serons en effet pas certains d’avoir les moyens de les suivre en arrosage pendant leur phase de croissance.
  • Pour terminer, il faut surtout … construire le moins possible. Le réflexe « construire », doit être remplacé par le principe « réhabiliter et rénover l’existant ». Plus de 3 millions de logements sont vacants en France, soit près de 1 logement sur 10, selon les chiffres de l’Insee. Et parmi ces 3 millions, 1,1 million le sont depuis plus de 2 ans. Sans compter les immeubles de bureaux inoccupés : l’Ile-de-France à elle seule compte 3 millions de m2 de bureaux vides auxquels se rajoutent entre 3 à 6 millions de m2 du fait du télétravail. Comme le dit Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes, dans une interview à la Gazette des communes, « c’est la fin de la ville facile, qui s’étale, qui démolit et reconstruit, qui ne prend pas en compte l’existant. Il faut désormais penser une ville qui réponde à ces trois crises : celle des ressources de la planète, de l’adaptation au changement climatique et de la biodiversité. Au moment où l’on s’interroge sur la façon dont va se faire le « zéro artificialisation nette », il faut regarder ce dont on dispose déjà et réfléchir à comment faire avec l’existant. »
  • Enfin, en ce qui concerne la voirie, le revêtement des chaussées, trottoirs, et autres surfaces exposées au soleil doit être refait en couleur claire pour réfléchir la lumière (jusqu’à 30°C de différence !). C’est ce que font Athènes et Los Angeles

D’autres solutions sont encore en cours d’expérimentation :

  • Les bâtiments peuvent être connectés à des réseaux de refroidissement sans rejet de chaleur (contrairement à la climatisation)
  • Les panneaux solaires sur les toits, les murs, certaines façades, ou en surplomb, en plus de produire de l’énergie, procurent de l’ombre et absorbent la chaleur à la place des surfaces concernées

Quelques sources et ressources

France-Inter, émission « le débat de midi » du 17 Aout 2022 : Canicule : les villes à l’épreuve de la montée des températures

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-de-midi/le-debat-de-midi-du-mercredi-17-aout-2022

Canicules 2022 : nos villes sont-elles condamnées à devenir des fours ?

https://www.youtube.com/watch?v=lg8hsNjTlUo

Canicules : dans l’enfer des villes : article très documenté de Médiapart paru le 15 juillet 2022

Lien vers le pdf

Planter des arbres en ville peut sauver des dizaines de milliers de vies par an

https://www.notre-planete.info/actualites/planter-arbres-ville-pollution-air-sante

Les rôles de l’arbre en ville :

https://ileau.ca/sites/default/files/upload/roles_arbre_en_ville_cerfo.pdf

L’importance des grands arbres en ville :

https://theconversation.com/en-ville-les-grands-arbres-sont-indispensables

Plus un arbre est vieux, plus il absorbe du CO2

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/plus-un-arbre-est-vieux-plus-il-absorbe-du-co2

L’arbre urbain est un formidable outil de lutte contre le changement climatique puisqu’il permet à la fois d’atténuer l’impact du volume d’émission de gaz à effet de serre des activités anthropiques de la ville mais aussi de réduire l’effet de l’Îlot de Chaleur Urbain (ICU) voire de créer un Îlot de Fraîcheur Urbain (IFU).

http://www.arbre-en-ville.fr/

Avec des vergers urbains, la ville devient comestible

https://reporterre.net/Avec-Vergers-urbains-la-ville-devient-comestible

Débitumer les villes

https://www.liberation.fr/france/2019/09/27/debitumisation-des-villes-casser-la-voie

Près d’un logement sur dix est vacant en France

https://www.radiofrance.fr/franceinter/pres-d-un-logement-sur-dix-est-vacant-en-france

Et si l’on transformait les bureaux vides en logements ?

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-urbanisme-demain/et-si-l-on-transformait-les-bureaux-vides-en-logements

les canicules et les arbres

Châtenay-Malabry face aux canicules - Article 1/4
Dangereuses pour la santé et très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes

Une série en 4 articles :

  1. Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.
  2. Des solutions existent : l’arbre et un nouvel urbanisme.
  3. De nombreuses villes prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants.
  4. Mais Châtenay-Malabry fait l’inverse, à grande échelle.

Article 1/4: Dangereuses pour la santé et même très meurtrières, les canicules sont de plus en plus fréquentes.

Les épisodes de forte chaleur sont de plus en plus fréquents, longs, et intenses

Le changement climatique amène des épisodes de fortes chaleurs de plus en plus fréquents, longs, et intenses.

  • Liste des années de canicule en France depuis un demi-siècle: 1976, 1983, 2003, 2006, puis chaque année depuis 2015 (sauf 2021)
  • La fréquence des épisodes s’accélère : 17 épisodes de canicule entre 1945 et 1999, 26 épisodes entre 2000 et 2022

La fréquence des épisodes de forte chaleur devrait doubler d’ici à 2050. Météo-France indique qu’ « en fin de siècle, ils pourraient être non seulement bien plus fréquents qu’aujourd’hui mais aussi beaucoup plus sévères et plus longs, avec une période d’occurrence étendue de la fin mai au début du mois d’octobre » Sans un changement drastique de politique climatique, il y a de très fortes chances d’atteindre la barre des 50 degrés en France. Les villes seront également de moins en moins supportables en été, du fait des îlots de chaleur urbain.

En ville, ces températures élevées provoquent des « ilots de chaleur » à l’origine des « canicules »

Lors d’un épisode de forte chaleur, en ville, la combinaison de trois facteurs est à l’origine de la formation d’« ilots de chaleur urbains ». Ce sont des zones dans lesquelles la température est beaucoup plus élevée qu’ailleurs dans les mêmes conditions climatiques. Ces trois facteurs sont :

  • L’aménagement urbain : la densité des espaces sans végétaux de proximité, les places minéralisées, …
  • L’activité humaine : transport, énergie, éclairage, panneaux publicitaires, … et climatisation (la climatisation est responsable d’une hausse pouvant aller jusqu’à 1°C du fait du rejet de chaleur à l’extérieur)
  • L’absence de zones humides, abris de biodiversité, sources de protection contre les inondations, et aussi capables de restituer de l’humidité et ainsi de lutter contre les îlots de chaleur.

De plus, les matériaux avec lesquels les villes sont construites aujourd’hui (béton surtout, mais aussi brique, asphalte / bitume, pierre) absorbent la chaleur en journée, et la restituent la nuit. La température ne diminue donc pas sensiblement la nuit, empêchant le corps de se remettre de la chaleur de la journée : on est alors en situation de canicule.

Ces canicules sont néfastes à notre santé et même très meurtrières

Les canicules sont très dangereuses pour la santé, et pas seulement pour les personnes âgées.

  • Après 4500 morts en 1976, la canicule de 2003 avait entrainé 15000 décès.
  • Entre 2015 et 2020, plus de 7 800 décès liés aux canicules ont été enregistrés malgré l’amélioration du système de prévention.
  • Cet été, la canicule est à l’origine de plus de 11 000 décès supplémentaires en France d’après l’INSEE.

Châtenay-Malabry face aux canicules

Chatenay-Malabry face aux canicules

Chatenay-Malabry face aux canicules

 Les canicules sont de plus en plus fréquentes, très dangereuses pour la santé et toujours meurtrières même si on n’en parle peu. Des solutions existent pour permettre aux villes de limiter leurs impacts. De nombreuses villes en France à l’étranger prennent des mesures efficaces pour protéger leurs habitants. Chatenay-Malabry fait l’inverse.  

 Sommaire :

Les canicules meurtrières sont de plus en plus fréquentes en France. 1

A quoi sont dues les canicules ?. 1

Comment lutter contre les canicules ?. 2

Que fait la municipalité de Chatenay-Malabry concrètement ?. 3

Que font d’autres municipalités ?. 4

Sources et ressources. 4

Les canicules meurtrières sont de plus en plus fréquentes en France

  • Le changement climatique amène des épisodes de fortes chaleurs de plus en plus fréquents.
    • Liste des années de canicule en France depuis un demi-siècle : 1976 (4500 morts), 1983, 2003 (15000 morts), 2006, chaque année depuis 2015 (sauf 2021)
    • La fréquence des épisodes s’accélère : 17 épisodes de canicule entre 1945 et 1999, 26 épisodes entre 2000 et 2022
  • Les canicules sont très dangereuses pour la santé, et pas seulement pour les personnes âgées. Entre 2015 et 2020, plus de 7 800 décès liés aux canicules ont été enregistrés malgré l’amélioration du système de prévention.

A quoi sont dues les canicules ?

  • Lors d’un épisode de forte chaleur, en ville, la combinaison de deux facteurs est à l’origine de la formation d’ « ilots de chaleur urbains ». Ce sont des zones dans lesquelles la température est beaucoup plus élevée qu’ailleurs dans les mêmes conditions climatiques. Ces deux facteurs sont :
    • L’aménagement urbain : la densité des espaces sans végétaux de proximité, les places minéralisées, …
    • L’activité humaine : transport, énergie, éclairage, … et climatisation (la climatisation est responsable d’une hausse pouvant aller jusqu’à 1°C du fait du rejet de chaleur à l’extérieur)
  • De plus, les matériaux avec lesquels les villes sont construites aujourd’hui (béton surtout, mais aussi brique, asphalte / bitume, pierre) absorbent la chaleur en journée, et la restituent la nuit. La température ne diminue donc pas sensiblement la nuit, empêchant le corps de se remettre de la chaleur de la journée.

Comment lutter contre les canicules ?

  • En réintroduisant massivement la nature de proximité en ville (arbres, espaces verts, rivières découvertes, jardins partagés, etc), et en particulier les grands arbres, dans tous les lieux possibles (places, trottoirs, cours d’écoles, friches industrielles, espaces entre les pavés, etc). Il faut aussi créer des « trames brunes », c’est-à-dire une continuité entre tous les espaces en pleine terre : cette continuité est indispensable au développement des arbres, de la biodiversité, et à l’infiltration des eaux, …
    • Dans une même rue ou sur une même place, entre une zone entièrement minéralisée, et une zone à l’ombre des arbres avec de la verdure située à seulement quelques mètres de la zone minéralisée, on peut mesurer des différences de température de 10 degrés.
    • C’est la végétation à proximité immédiate qui est efficace, beaucoup plus qu’un parc situé à plusieurs centaines de mètres.
    • Les arbres de grande taille apportent beaucoup plus d’ombre et de fraicheur que les petits.
  • En repensant totalement les principes d’urbanisme et de construction des bâtiments
    • Des biomatériaux très performants existent aujourd’hui (briques en terre crue, …). Ils permettent de très bien isoler les logements du froid l’hiver et du chaud l’été. On peut les associer à des techniques de ventilation (VMC double-flux, …). Ils permettent d’obtenir des logements passifs ou presque, c’est-à-dire ne nécessitant aucun apport d’énergie, ou un apport très faible. Par exemple, dans les logements du quartier BedZED à Londres la facture totale d’énergie (chauffage, eau chaude, etc) est limitée à 150 € annuels ! Les économies ainsi réalisées compensent très rapidement le (léger) surcout de construction.
    • Les appartements doivent être traversants et leur orientation bien pensée (comme c’est le cas à la Butte Rouge, et contrairement aux appartements dans les résidences construites par les promoteurs ces dernières décennies).
    • Les couleurs et revêtements (façades, volets, toits) doivent être clairs pour réfléchir la lumière (les couleurs foncées absorbent la chaleur)
    • Les petits espaces verts et « dents creuses » entre 2 bâtis ne doivent plus être sacrifiés pour construire toujours plus
    • Les toits et façades peuvent être végétalisés mais l’efficacité de ces solutions en terme d’isolation varie fortement en fonction de l’épaisseur, de l’apport en eau, et du type de plantes.
    • Toutes les solutions ci-dessus peuvent être facilement mises en œuvre par les mairies pour les nouvelles constructions, pour remplacer le couple infernal béton + climatisation. Il suffit d’édicter une « charte » exigeant que ces solutions soient mises en œuvre dans toute nouvelle construction, et s’imposant en particulier aux promoteurs.
    • En ce qui concerne la voirie, le revêtement des chaussées, trottoirs, et autres surfaces exposées au soleil doit être refait en couleur claire pour réfléchir la lumière (jusqu’à 30°C de différence !). C’est ce que font Athènes et Los Angeles
  • Par d’autres solutions encore en cours d’expérimentation :
    • Le fait d’asperger les rues et les surfaces les plus exposées au soleil par une fine couche d’eau non potable peut baisser leur température de 15°C. Paris et Lyon le testent, mais ce n’est pas généralisable à l’ensemble des rues.
    • Les bâtiments peuvent être connectés à des réseaux de refroidissement sans rejet de chaleur (contrairement à la climatisation)
    • Les panneaux solaires sur les toits, les murs, certaines façades, ou en surplomb, en plus de produire de l’énergie, procurent de l’ombre et absorbent la chaleur à la place des surfaces concernées

Que fait la municipalité de Chatenay-Malabry concrètement ?

La communication verte dont la majorité municipale nous abreuve à longueurs de pages du magazine municipal n’est qu’un vernis de façade (« greenwashing »).

Elle est essentiellement basée sur la présence de grands parcs gérés par le département, qui constituent certes un atout pour notre ville, mais qui sont loin de suffire pour répondre à la problématique des canicules et des ilots de chaleur urbains.

Dans la réalité, les décisions de cette mairie, addict aux constructions, ne font qu’aggraver terriblement les conséquences des canicules pour les chatenaisiens, alors qu’il aurait été facile de les protéger par un peu d’attention à ce sujet, de réflexion et d’anticipation.

  • LaVallée : un nouveau quartier hyperdense, hyperminéralisé, intégralement en béton sur 21 hectares (mis à part l’école), sans rien exiger d’autre des promoteurs que le minimum légal en terme de norme de construction protégeant des canicules. Résultat : les études d’experts y prédisent des logements « fournaises ».

https://collectifcitoyenchatenay.org/ou-va-le-nouveau-quartier-lavallee/

  • Square Robinson : un espace vert communal vendu aux promoteurs pour y faire un immeuble en béton. Un majestueux cèdre centenaire et 22 autres arbres de haute tige abattus. Pause fraicheur supprimée pour les chatenaisiens qui sortent du RER ou font leurs courses dans le quartier.

https://collectifcitoyenchatenay.org/robinson-comment-la-mairie-a-t-elle-pu-permettre-et-meme-faciliter-ce-desastre-ecologique/

  • Des centaines (milliers ?) de grands arbres situés sur le domaine public abattus ces dernières années. Ils sont remplacés par des essences plus faciles à entretenir (ne perdant plus leur feuilles …) mais de beaucoup plus petite envergure et apportant beaucoup moins d’ombre et de fraicheur. Quel gâchis ! Et ce, sans compter les multiples arbres et petits espaces verts entre deux anciens bâtis privés qui ont été détruits pour permettre les nouvelles résidences qui fleurissent de partout dans la ville.
  • Menaces sur le bois de Verrières :

https://collectifcitoyenchatenay.org/la-majorite-municipale-vote-contre-une-protection-acceleree-du-bois-de-verrieres/

  • Cours d’école : la nouvelle Ecole Primaire Jean-Jaurès inaugurée le 21 mai 2022 a sa cour de récréation 100% minérale sur le toit terrasse de l’école !

https://collectifcitoyenchatenay.org/cours-de-recreation-de-nos-ecoles/

  • Rue Anatole France : 6 millions d’Euros d’argent public vont être dépensés pour la réfection totale de la rue (trottoirs, chaussée, mobilier urbain) :
    • Sans planter un seul arbre dans une rue très longue qui n’en a aucun !!
    • En remettant un asphalte noir. Il nous a été répondu que les bitumes clairs ne sont pas « dans la charte », ils seraient salissants, moins durables, et éblouissants. Pourtant, Athènes et Los Angeles les ont adoptés (voir ci-dessous)

Que font d’autres municipalités ?

  • Angers : la nature est réintroduite dans tous les espaces possibles, même les plus petits : mini-jardins en pieds de façade le long des trottoirs, plantes grimpantes sur les façades, joints enherbés entre les pavés, friches industrielles. Les places minérales sont désartificialisées au maximum.

https://www.brut.media/fr/nature/voici-5-facons-de-rafraichir-une-ville-en-la-vegetalisant-450839f0-9512-4d24-9cbf-28f18d04ddb8

  • La ville de Grande Synthe a mis en place une « charte promoteurs » avec des normes de construction des nouveaux logements plus exigeante que les normes nationales. Aujourd’hui, ils demandent des bâtiments passifs, inspirés de ceux construits dans le quartier BedZED à Londres, où les logements sont très bien isolés du froid comme du chaud, pour une facture énergétique de 150 € par an => la ville a fait construire un modèle de ces maisons sur son territoire.
    • Interview passionnante du maire de la ville de Grande Synthe (23 000 habitants). Le sujet des maisons passives est évoqué de la minute 51 à la minute 54.

#13  Écologie municipale : la révolution urbaine ? Damien Carême, au Festival des Pluies de Juillet

  • Athènes et Los Angeles ont remplacé leur asphalte noir par un matériau blanc réfléchissant (jusqu’à 6°C de différence mesurée)

https://www.brut.media/fr/nature/voici-5-facons-de-rafraichir-une-ville-en-la-vegetalisant-450839f0-9512-4d24-9cbf-28f18d04ddb8

  • Séoul : la capitale de la Corée du Sud a choisi de démonter une autoroute urbaine pour découvrir une rivière enterrée et végétaliser ses berges sur plus de 8 kilomètres.

https://urbabillard.wordpress.com/2015/05/10/une-riviere-remplace-une-autoroute-et-redonne-vie-au-coeur-de-seoul/

Sources et ressources

  • France-Inter, émission « le débat de midi » du 17 Aout 2022 : Canicule : les villes à l’épreuve de la montée des températures

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-de-midi/le-debat-de-midi-du-mercredi-17-aout-2022-4923283

             Experts invités, entre autres :

  • Aglaé Jezequel, climatologue, ingénieure et chercheuse au Laboratoire de Météorologie Dynamique au sein du département de géosciences de l’École Normale Supérieure.
  • Nathalie Roseau, professeure à l’école des Ponts Paris Tech et docteure en urbanisme. Elle a publié en février 2022 « Le Futur des Métropoles » chez Métis Presses.
  • Canicules : dans l’enfer des villes : article très documenté de Médiapart paru le 15 juillet 2022

Lien vers le pdf

  • Planter des arbres en ville peut sauver des dizaines de milliers de vies par an

https://www.notre-planete.info/actualites/4545-planter-arbres-ville-pollution-air-sante

  • Les rôles de l’arbre en ville :

https://ileau.ca/sites/default/files/upload/roles_arbre_en_ville_cerfo.pdf

  • L’importance des grands arbres en ville :

https://theconversation.com/en-ville-les-grands-arbres-sont-indispensables-179898

  • Plus un arbre est vieux, plus il absorbe du CO2

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/plus-un-arbre-est-vieux-plus-il-absorbe-du-co2_12185

  • L’arbre urbain est un formidable outil de lutte contre le changement climatique puisqu’il permet à la fois d’atténuer l’impact du volume d’émission de gaz à effet de serre des activités anthropiques de la ville mais aussi de réduire l’effet de l’Îlot de Chaleur Urbain (ICU) voire de créer un Îlot de Fraîcheur Urbain (IFU).

L’Arbre en ville

cours de récréation de nos écoles

Cours de récréation : nos enfants méritent mieux !

On sait depuis plusieurs années que le fait de végétaliser les cours de recréation est excellent pour la santé physique et psychique de nos enfants et pour lutter contre le changement climatique. De nombreuses villes en France et dans le monde ont réintroduit la nature dans les cours de leurs écoles. Chatenay-Malabry fait l’inverse.

Sommaire :

  • Résumé
  • Pourquoi est-ce important de végétaliser et repenser les cours d’écoles ?
  • A Chatenay-Malabry, la nouvelle Ecole Primaire Jean-Jaurès inaugurée le 21 mai 2022 a sa cour de récréation 100% minérale sur le toit terrasse de l’école !
  • Ce que font d’autres villes pour végétaliser leurs cours d’écoles
  • Ressources sur le sujet de la végétalisation des cours d’école
  • Ressources sur le sujet de l’égalité filles – garçons dans les cours d’école

Résumé

Dès le plus jeune âge, la cour d’école est un espace essentiel d’épanouissement et de vie sociale. Nos enfants y passent de nombreuses heures et y apprennent à interagir entre eux. Depuis 10 ans, les cours de récréation font l’objet de réflexions intenses autour de deux enjeux majeurs : faire face au changement climatique en apportant ombre et fraicheur l’été, et développer la confiance en soi de nos filles autant que de nos garçons. De nombreuses municipalités ont créé des cours de récréation végétalisées et arborées, organisées pour assurer la convivialité et des activités mixtes.

Les cours de récréation de Châtenay-Malabry sont à l’opposé de cet idéal. Largement recouvertes de bitume foncé, concentrant la chaleur, leur espace central sert de terrain de foot utilisé le plus souvent par les garçons et repoussant les filles dans la périphérie.

Elles sont pauvres en équipements tels que tables et chaises, en jeux, en espace au calme. Lors des canicules précoces de 2020 et de ce printemps, certaines écoles maternelles et primaires ont dû renoncer à utiliser la cour de récréation, tant la chaleur y était insupportable. C’est donc une double peine pour les enfants qui ne peuvent pas se détendre, après avoir souffert de la chaleur dans les salles de classe.

Interpellée, la municipalité dit « réfléchir à une solution », faute d’avoir anticipé les problèmes. Pourtant, à la nouvelle école Jean Jaurès, la municipalité a vendu la cour de récréation arborée aux promoteurs immobiliers, pour construire une cour entièrement artificialisée sur le toit !

Pour la santé de nos enfants il est indispensable de repenser et refaire au plus vite toutes les cours d’école de la commune. Faudra-t-il attendre de changer de majorité municipale ?

Pourquoi est-ce important de végétaliser et repenser les cours d’écoles ?

1. Pour que nos enfants bénéficient d’un peu de fraicheur lors des canicules

    • L’ombre des arbres et la verdure peuvent faire descendre la température de 10 degrés par rapport à une cour de récréation recouverte de bitume, de béton, ou de pierre.
    • NB : Il en est de même pour la végétalisation des alentours immédiats de nos habitations

2. Pour lutter contre le changement climatique et ses effets

    • Les arbres, plantes et végétaux au sol captent du carbone, réduisant directement la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère
    • Les eaux pluviales s’infiltrent dans les sols et alimentent les nappes phréatiques en eau douce, réduisant la sécheresse.
    • La biodiversité est restaurée (faune du sol, insectes, flore)
    • NB : Il en est de même pour la végétalisation des alentours immédiats de nos habitations

3. Pour améliorer la santé et le bien-vivre de nos enfants

    • Les études montrent que la végétalisation des cours d’école apporte également les bénéfices suivants : les élèves sont plus apaisés, la violence baisse, l’ambiance dans les classes est améliorée, et enfin le nombre et la sévérité des accidents en cours de récréation diminuent.
    • Plus généralement, cela permet aussi de reconnecter nos enfants avec la nature. Les statistiques indiquent que nos chères têtes blondes ou brunes passent de moins en moins de temps au contact de la nature.

4. Pour donner autant de chances aux filles qu’aux garçons dans tous les domaines

    • La cour de récréation en tant qu’espace libre non régulé par les adultes (même s’ils le surveillent), pourrait constituer le lieu idéal pour apprendre à vivre ensemble de façon égalitaire. Mais dans les faits, c’est aussi le lieu où s’exerce la domination masculine. Avoir moins de place pour jouer, ne pas pouvoir jouer à ce que l’on veut parce qu’on est une fille, c’est l’expérience de l’injustice et l’installation d’inégalités durables.

A Chatenay-Malabry, la nouvelle Ecole Primaire Jean-Jaurès inaugurée le 21 mai 2022 a sa cour de récréation 100% minérale sur le toit terrasse de l’école !

Pourtant, le terrain de l’ancienne école était suffisamment grand pour accueillir une belle cour d’école toute neuve et pleine de nature. Mais la mairie a décidé de vendre une bonne partie de ce terrain à un promoteur pour qu’il y construise une résidence privée. Du coup, il n’y a plus assez de place pour une cour de récréation au sol ! Le bois de Verrières est juste à côté, mais dans la « Ville Parc » nos enfants se retrouvent à jouer sur un toit terrasse.

(Peut-être vous demandez-vous : « mais pourquoi donc fallait-il encore construire une nième résidence supplémentaire ? Le déluge de constructions de logements que connait notre ville ne suffisait pas ? ». Réponse : cela a permis de financer la construction de la nouvelle école.

Une autre question vous vient alors à l’esprit : « Pourquoi notre ville n’a-t-elle pas les moyens de construire une école ? C’est pourtant traditionnellement un des principaux postes de dépenses des villes, sans qu’elles soient obligées de vendre l’espace public aux promoteurs ». Réponse : les finances de notre commune, c’est spécial, tout est expliqué dans cet article : https://collectifcitoyenchatenay.org/notre-ville-surendettee-vend/ )

Ce que font d’autres villes pour végétaliser leurs cours d’écoles :

  • Paris : la renaturation des 70 hectares de cours d’école de la ville est un des piliers de la politique de résilience climatique de la ville. Tout le projet, et de magnifiques photos des cours de récréation déjà végétalisées :

https://www.paris.fr/pages/les-cours-oasis-7389

  • Rennes : les bénéfices pour le climat et pour les enfants vont bien au-delà de la lutte contre les ilots de chaleur :

https://reporterre.net/Adieu-bitume-vive-les-cours-d-ecole-vegetalisees

  • Lille : Dans toutes les écoles lilloises, au moins un tiers de la surface des cours de récréation est désormais végétalisé.

https://www.lille.fr/Actualites/100-des-cours-d-ecoles-vegetalisees

Ressources sur le sujet de la végétalisation des cours d’école :

Ressources sur le sujet de l’égalité filles – garçons dans les cours d’école :

  • Rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes de décembre 2016 sur le rôle de l’école. Il y est question des cours de récréation pages 5 et 18 :

https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hce_rapport_formation_a_l_egalite_2017_02_22_vf-2.pdf

  • Article résumant le rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes :

https://fr.aleteia.org/2017/02/22/egalite-garcons-filles-a-lecole-les-dernieres-trouvailles-du-hce/

  • Effets et limites de la mixité scolaire (par Nicole Mosconi, philosophe, professeure et chercheuse en sciences de l’éducation de l’université Paris-Nanterre)

https://www.cairn.info/journal-travail-genre-et-societes-2004-1-page-165.htm

  • Mixité scolaire : que peuvent apporter les cours de récréation « non genrées » ? (par Christine Gautier Chovelon, Enseignante chercheure en sciences de l’éducation et de la formation, Université Côté d’Azur)

https://theconversation.com/mixite-scolaire-que-peuvent-apporter-les-cours-de-recreation-non-genrees-183502

  • Filles et garçons à l’heure de la récréation : la cour de récréation, lieu de construction des identifications sexuées (par Sophie Puel, Maître de conférences Sciences de l’éducation, Université de Caen / CNRS)

https://aussi.ch/documents/278/ruel.pdf

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hebergements ukraine butte rouge

Mettons les logements sociaux inoccupés de la Butte Rouge à la disposition temporaire des familles déplacées par la guerre en Ukraine

La majorité municipale a voté contre cette proposition !

Explications :

Plusieurs familles chatenaisiennes accueillent des personnes déplacées suite à la guerre en Ukraine, depuis plusieurs semaines voire mois, mais arrivent au bout de leurs forces et doivent être relayées par des hébergements en autonomie.

L’Union Sociale pour l’Habitat, organisation représentative du secteur HLM, a appelé à mettre à disposition des exilés ukrainiens l’ensemble des logements HLM voués à rester inoccupés, notamment du fait de projets de travaux qui n’ont pas démarré. Cette demande respecte les directives de l’état qui imposent, dans les zones en tension, de ne pas prélever des logements sociaux attribuables afin de ne pas prolonger l’attente qui est déjà de 10 ans.

Or environ 300 à 500 logements sociaux sont inoccupés dans la Cité Jardin de la Butte Rouge, dont la plupart n’ont pas vocation à être réattribués.

Nous avons donc proposé au Conseil Municipal du 24/3 que Mr le Maire intervienne auprès du bailleur social Hauts de Bièvres Habitat, dont il est administrateur, pour demander la mise à disposition temporaire de certains de ces logements aux familles déplacées par la guerre en Ukraine.

En regroupant plusieurs familles, cette mesure permettrait d’atténuer leur dépaysement, de renouer des liens sociaux, de faciliter la scolarisation des enfants, le suivi et l’aide par les services de l’état et par les volontaires.

Le maire a répondu qu’aucun de ces logements n’était dans un état suffisamment correct pour y loger une famille ukrainienne.

Pour en avoir visité, nous savons que certains appartements des « ilots tests » destinés à être démolis sont en très bon état.

Ayant constaté par nous-mêmes l’inexactitude de cette réponse, nous avons ensuite proposé un vœu au Conseil Municipal du 21/4 pour qu’un recensement des logements sociaux inoccupés pour longtemps et dans un état correct soit réalisé et soit transmis à la préfecture et à l’association Habitat & Humanisme (mandatée, dans notre département, pour gérer l’affectation des hébergements disponibles aux familles déplacées par la guerre en Ukraine).

Ce vœu a été rejeté par la majorité municipale.

Nous avons donc écrit au Préfet des Hauts de Seine et au Préfet de Région pour leur demander d’intervenir.

Nous vous proposons aussi d’écrire au Maire ou au Préfet pour appuyer notre demande (vous pouvez utiliser comme modèle de lettre celle que nous avons adressée à la Préfecture)

En cliquant sur les liens ci-dessous, vous accéderez :

Nous espérons obtenir une réponse dont nous ne manquerons pas de vous tenir informé.e.s.

Faites gagner les candidats de l’union de la gauche et des écologistes sur notre circonscription

Faites gagner les candidats de l’union de la gauche et des écologistes sur notre circonscription

Une victoire de l’union de la gauche et des écologistes lors des élections législatives des 12 et 19 juin est possible Rejoignez-nous ce samedi 14 mai pour rencontrer les candidats incarnant cette union sur notre circonscription.

Mobilisez-vous à nos côtés pour la campagne !

L’union de l’ensemble des forces de gauche et écologistes crée une opportunité historique lors des élections législatives des 12 et 19 juin prochains : celle d’un vrai changement par rapport à la politique de pure économie libérale qu’Emmanuel Macron a menée depuis 5 ans, tout en refusant les solutions de l’extrême droite contraires à nos valeurs fondamentales de liberté et de fraternité.

Alors que la droite se divise dans notre circonscription, rendant possible une triangulaire au 2eme tour, la victoire est possible pour le candidat de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. Le désir de rupture de nos concitoyens, combiné à la nouvelle dynamique à gauche, rend possible d’obtenir une majorité de députés à l’Assemblée Nationale pour mener une politique profondément différente.

En 1981, l’union de la gauche a montré qu’il était possible d’augmenter le SMIC, d’instituer la retraite à 60 ans, de donner une 5eme semaine de congés payés, de mettre en place un impôt sur la fortune. Elle a façonné une nouvelle société avec la liberté de l’information, l’abolition de la peine de mort des tribunaux d’exception, la dépénalisation de l’homosexualité, … Ceux qui en avaient peur alors ne s’en plaignent plus aujourd’hui.

Avec une majorité, Emmanuel Macron continuerait dans l’inaction climatique déjà condamnée par la justice du fait des actes contraires aux paroles : les pesticides perdurent, les aides au bio diminuent, les lobbies imposent leur vision, les subventions de fonctionnement aux organismes de régulation des terres agricoles ont été coupées contraignant ces derniers à vendre des milliers d’hectares nourriciers aux grands groupes industriels pour des produits cosmétiques …. La dégradation sociale se prolongerait : augmentation du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, des milliards en moins pour le logement social et pour l’aide sociale à l’enfance en danger – par ailleurs particulièrement malmenée par Georges Siffredi dans notre département …

Face à ce risque, la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale propose l’augmentation du SMIC à 1400 € net et une hausse des salaires, une allocation jeunesse de 1063 €, et un blocage des prix pour les produits de première nécessité. Notre union propose une rupture sociétale pour une lutte résolue contre le changement climatique et pour la préservation de la biodiversité car nous voulons léguer à nos enfants et petits-enfants une planète vivable (investissements massifs dans la réhabilitation thermique des logements et les bâtiments à énergie positive, un urbanisme réintroduisant les grands arbres et espaces verts en ville pour pouvoir supporter les canicules, les transports publics …), et un futur désirable (enseignement, santé, des terres agricoles sanctuarisées pour une nourriture biologique locale créatrice d’emplois, lutte active contre toute forme de discrimination et pour l’égalité femmes – hommes, …).

Pour notre circonscription, les candidats qui incarnent cette union sont Brice Gaillard, (Parti Socialiste, spécialisé dans la conduite de politiques publiques, et exerçant depuis dix ans des responsabilités dans le domaine du conseil aux élus), avec pour suppléante Justine Larnac (La France Insoumise, étudiante en droit du travail à Sceaux, et habitant depuis toujours à Antony). Cliquer ici pour télécharger leur tract d’annonce de candidature.

Au-delà des étiquettes politiques, Brice et Justine travaillent ensemble pour porter un programme d’union, celui de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale, main dans la main avec le Collectif Citoyen Chatenaisien, ainsi que les collectifs des trois autres villes de notre circonscription.

En quelques jours, nous avons pu mesurer l’engagement de Brice Gaillard pour être à l’écoute des attentes de nos concitoyens et pour être le porte-parole, auprès des institutions publiques, des dossiers concernant notre commune : rencontre avec le directeur du CREPS, lettre au président de l’ANRU à propos de la Butte Rouge.

Les 4 collectifs, qui avaient appelé à cette union, soutiennent pleinement leur candidature et sont très activement impliqués dans la campagne électorale qui démarre.

La campagne sera officiellement lancée ce samedi 14 mai par une journée très dynamique dont vous trouverez le programme complet ci-dessous et qui passera bien-sûr par Chatenay-Malabry : nous vous donnons rendez-vous de 14h à 15h sur la coulée verte au niveau de la Grande Voie des Vignes pour une rencontre avec nos 2 candidats qui prendront la parole ainsi que des associations locales dont le CCC.

Mobilisez-vous à nos côtés ! Portés par cette possible victoire dans l’union, nous voulons une campagne très dynamique, et prévoyons de nombreuses actions : porte à porte, tractage, boitage, collage d’affiches, réunions publiques, apéritifs ou gouters militants dans les rues, etc.

Rejoignez-nous, dites-nous ce que vous avez envie de faire, nous avons besoin de vous pour cette opportunité unique

=> écrivez-nous à notre adresse : collectifcitoyenchatenaisien@gmail.com

100% unis, nous pouvons gagner !

Programme complet de la journée du samedi 14 Mai

Lancement de la campagne de Brice Gaillard et Justine Larnac, candidats de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale :

  • De 9h30 à 10h30 – Distribution au marché de Bourg-la-Reine 
  • De 9h30 à 10h30 (en parallèle) – Echanges avec les assos d’usagers du RER B
  • De 11h00 à 12h00 – Echanges avec les assos scéennes – Théâtre de verdure (Coulée Verte)
  • De 12h00 à 13h30 – Pique-nique militant – Coulée verte (face au château de Sceaux – rue du Général de Gaulle)
  • De 14h00 à 15h00 – Echanges avec les assos  de Chatenay – Coulée Verte (au niveau de la Grande Voie des Vignes)
  • De 16h00 à 17h00 – Echanges avec les assos  d’Antony – Parc Heller
  • De 17h00 à 17h30 – Conférence de presse – Parc Heller (au milieu du parc, près de la butte sous les grands arbres)
  • A partir de 19h00 (pour celles et ceux qui ont encore de l’énergie – Point fixe / apéro / La Kalbas à Antony

Elections présidentielles 2022 – 2e tour

Elections présidentielles 2022 - 2e tour

Nous sommes révulsés par le choix qui nous est laissé.

Les faits nous montrent qu’Emmanuel Macron n’a pas été à la hauteur des 5 grands enjeux auxquels le France est confrontée :

  • Il est resté terriblement inactif sur le plan de l’environnement et de l’enjeu climatique.
  • Seulement préoccupé d’économie dans le mode libéral habituel, il a mené une politique qui a aggravé la situation sociale de nos concitoyens les plus vulnérables.
  • Il n’a pas amélioré sensiblement la situation en terme d’intégration des étrangers, de diversité et de multiculturalisme, ni celle des libertés de nos modes de vie.
  • Il restera comme le président des violences policières lors des manifestations.
  • Il n’a pas su peser sur les dangers géopolitiques internationaux qui nous menacent en tant que président de la France ou président tournant de l’UE.

Il est fort probable qu’un prochain quinquennat du même président se solderait par les mêmes constats.

Néanmoins nous sommes absolument convaincus que la situation serait encore bien pire si Marine Le Pen était élue, sur chacun de ces 5 enjeux. Son programme le montre clairement.

Pire, son élection représenterait un risque considérable en terme de libertés d’opinion, de violences, d’intolérance, et de remise en question des nos principes républicains.

Nous pouvons aujourd’hui dire et écrire en toute liberté que nous détestons la politique du pouvoir en place.

Ce ne sera plus forcément le cas sous le régime que Marine Le Pen mettrait en place.

Pour cette raison, l’ensemble des membres du CA du CCC utiliseront le bulletin Macron, à contre cœur, pour faire barrage à l’extrême droite, considérant que s’abstenir ou voter blanc revient à la renforcer, et que sur un tel choix nous devons nous positionner clairement quels que soient les sondages.

L’ensemble des membres du Conseil d’Administration du Collectif Citoyen Chatenaisien

Notre ville, surendettée, vend

Finances de la ville : une dette communale en béton

Chatenay-Malabry est une des rares villes dont le fonctionnement récurrent ne génère pas suffisamment d’excédent pour rembourser la dette. Ce signe de mauvaise gestion perdure depuis au moins 2012.

Pour une raison simple : notre ville est endettée au-dessus de ses moyens, c’est l’une des communes de France dont la dette par habitant est la plus forte.

Pour néanmoins rembourser ses dettes et investir encore un peu, la mairie construit massivement pour augmenter les rentrées fiscales de la taxe foncière, et vend les bijoux de famille (terrain de l’Ecole Centrale, cour de l’école Jean Jaurès, espace vert de Robinson, etc), sacrifiant notre qualité de vie et notre capacité à supporter les futurs chocs climatiques.

Enfin, une partie des emprunts de la ville sont toujours des emprunts dits « toxiques », dont le montant des intérêts peut soudainement exploser selon les circonstances internationales.

Cette analyse a été présentée par les élus du CCC en Conseil Municipal le 27 Janvier 2022, lors du débat d’orientation budgétaire.

L’Observatoire des Finances et de la Gestion Publique Locales est un site gouvernemental qui stocke les comptes annuels des différentes communes de France depuis 2012, calcule leurs indicateurs de (bonne ou mauvaise) gestion, et permet à tout citoyen de les consulter et de comparer les communes entre elles (https://data.ofgl.fr/pages/accueil/).

Nous avons analysé les comptes de Chatenay-Malabry et, à titre d’exemple, nous les avons comparés à ceux d’une de nos villes voisines, Antony. Notons que la comparaison aurait donné des résultats similaires avec la plupart des autres communes environnantes.

Regardons l’épargne brute (Recettes – Dépenses de fonctionnement) :

Un ratio de gestion « normal », selon les bonnes pratiques, est d’au moins 10% du total des recettes.

Voilà (document 1) le graphe de l’épargne brute de Chatenay-Malabry de 2012 à 2020 : le budget de fonctionnement annuel de la ville étant d’environ 45 M€, on voit que la meilleure année, 2020, n’atteint pas ces 10%, et c’était encore pire les années précédentes (à l’exception de l’année où la commune a touché les 22 M€ provenant de la vente du terrain de l’ancienne Ecole Centrale pour y créer le nouveau quartier LaVallée). Il faut savoir que de nouveau l’épargne brute chute en 2021. Chatenay-Malabry a une épargne brute structurellement trop faible.

A titre de comparaison, l’épargne brute d’Antony, dont le budget de fonctionnement annuel est d’environ 90 M€, est constamment à environ 15% (document 2).

Regardons maintenant l’épargne nette, qui est ce qui reste quand on enlève à l’épargne brute le remboursement du capital de la dette :

Un ratio « normal », selon les bonnes pratiques, est d’être a minima positif, c’est-à-dire que le fonctionnement récurrent génère suffisamment d’excédent pour faire face à l’échéance des remboursements d’emprunts. C’est une simple règle de gestion en « bon père de famille ».

Voilà (document 3) le graphe de l’épargne nette de Chatenay-Malabry de 2012 à 2020 : elle a toujours été négative (à l’exception de l’année où nous avons touché les 22 M€ de l’opération LaVallée).

A titre de comparaison, l’épargne nette d’Antony est constamment positive de plusieurs M€ (document 4).

On voit donc que le fonctionnement « normal », récurrent, de notre commune ne lui permet pas d’honorer ses emprunts. Peut-être que notre commune peut mieux optimiser ses recettes et ses dépenses de fonctionnement. Mais ce que cela montre surtout, c’est que notre commune est beaucoup trop endettée : elle a contracté des emprunts au dessus de ses moyens.

Voilà (document 5) le graphe du capital qui reste à rembourser par Chatenay-Malabry, et le même graphe pour Antony (document 6) : l’encours d’emprunt d’Antony est environ 30% supérieur à celui de Chatenay, pour un budget 2 fois plus important, donc en proportion l’endettement de Chatenay est 1,5 fois celui d’Antony.

Il faut rappeler que Chatenay-Malabry était, encore récemment, la 11ème ville de France avec la plus forte dette par habitant, sur 36 000 communes …Vingt ans de gestion par l’actuelle majorité l’ont amenée plusieurs années dans les 10 communes les plus endettées de France dans sa catégorie de population. Et il faudra encore plus de 15 ans pour rembourser l’intégralité des emprunts pesant sur notre ville.

En conclusion, l’épargne nette sera donc négative de plusieurs millions d’euros cette année, ce qui a un impact très négatif sur notre capacité d’investissement.

Comment donc notre ville réussit-elle néanmoins à faire face à ses échéances d’emprunt, et à investir encore un peu ?

Deux mécanismes sont utilisés :

  • Le premier consiste à densifier massivement pour augmenter les rentrées fiscales de la taxe foncière.
  • Le second mécanisme consiste à vendre les bijoux de famille. Sans ces apports au budget, la ville serait encore obligée de s’endetter pour investir, ce qui lui serait probablement refusé. Après les 22 millions perçus lors de l’opération sur le terrain de l’école Centrale, la vente de la cour de l’école Jean Jaurés va rapporter 10 millions. Et nous ne parlons pas de la vente du square Robinson ni de l’opération à venir sur la faculté de pharmacie.

La trésorerie apportée par l’opération LaVallée, et le grignotage de cette cagnotte année après année pour rembourser nos emprunts se visualise aisément sur ce graphe de la trésorerie de notre ville (document 7).

Globalement notre ville est donc engagée, pour rembourser ses emprunts, dans une politique agressive de vente du foncier public et de densification urbaine qui, sous prétexte de dynamisme budgétaire, affecte négativement la qualité de vie des habitants, et diminuent notre résilience environnementale et climatique, c’est-à-dire notre capacité à supporter les futures canicules et vagues de fortes chaleur.

Cette politique permettra-t-elle de sortir notre ville de la spirale du surendettement ? Rien n’est moins sur. Cette fuite en avant pourrait n’être qu’un cercle vicieux, car cette densification a des coûts induits importants en termes de fonctionnement et d’équipement.

La ville vend des terrains pour construire afin d’obtenir à court terme les entrées d’argent exceptionnelles liées à ces ventes, et les recettes fiscales de taxes foncières, mais cela génère de nouveaux investissements à financer, et de nouvelles dépenses de fonctionnement à long terme.

Nous avons des raisons de penser que ces coûts induits sont inquiétants :  

  • Les prochains investissements sont exclusivement destinés à augmenter la capacité d’accueil scolaire de la ville (Cuisine centrale, groupe scolaire LaVallée, crèche LaVallée, crèche du Pavillon Colbert).
  • Les charges de personnel vont augmenter fortement avec le nombre de nouveaux habitants apportés par les programmes immobiliers et avec le rajeunissement démographique, qui vont considérablement augmenter les effectifs nécessaires dans les écoles et les crèches.

Les dépenses d’investissement et l’inflation des dépenses de personnel qui en découlent remettent clairement en cause la pertinence de cette politique de densification.

Ces coûts futurs sont mal documentés. Dans le dossier budgétaire remis par la mairie au Conseil Municipal, aucun détail prospectif ni aucune simulation future ne sont fournis sur l’évolution attendue dans les années à venir, en particulier lors de la livraison de LaVallée. Des projections de surcout de fonctionnement et d’investissements manquent et devraient être fournies en face des projections de recettes fiscales supplémentaires pour que l’on comprenne si tout cela fait du sens sur le plan économique. Ces informations seraient bienvenues afin de donner un peu de profondeur prospective à nos Débats d’Orientation Budgétaire.

Notons en tout cas que notre capacité d’investissement limitée, combinée à la nécessité de réaliser des investissements liés à la densification, empêche la ville de réaliser des investissements innovants, apportant une qualité de vie supplémentaire, ou l’engageant vers une réelle transition écologique.

Un exemple qui en dit long est celui du projet emblématique d’équiper notre ville d’un réseau de chaleur urbain alimenté par géothermie : la majorité a décidé de confier l’intégralité du projet de géothermie au privé sans y investir le moindre euro. Là où d’autres communes ont réussi à déployer un projet de géothermie réussi en maitrisant le cout pour l’usager par une gouvernance et un financement publics, Chatenay-Malabry prend le risque de voir les prix s’envoler pour ses habitants.

Rappelons enfin que les finances publiques de Chatenay-Malabry ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête :

Encore plusieurs millions d’emprunts dit « toxiques », qui peuvent encore se retourner contre nous : le montant des intérêts peut soudainement exploser selon les circonstances internationales. Or, en ce moment, les circonstances internationales sont pour le moins instables …

La gestion de la majorité municipale actuelle nous a donc amené à une situation financière fragile et risquée, et au déluge de constructions qui s’abat sur Chatenay, dont nous ne venons de voir qu’il n’est motivé que par le fait de devoir faire face aux échéances de remboursements d’emprunt.

C’est une preuve supplémentaire, s’il en est besoin, que ce déluge ne répond pas à la nécessité de combler le manque de logements, contrairement à ce que notre maire affirme régulièrement.

En effet, aucune instance n’impose à Chatenay Malabry de construire autant de nouveaux logements. Surtout pas la région Ile de France ni la métropole du Grand Paris, dont la dernière tentative pour définir le nombre de logements à construire prévoyait pour Chatenay -Malabry un objectif de 150 logements par an. (voir le projet de PMHH – Plan Métropolitain de l’Habitat et de l’Hébergement)

Avec LaVallée, la ville en prévoit 2200 en 5 ans, soit déjà 3 fois l’objectif régional envisagé !!! Et il faudrait y ajouter toutes les autres résidences actuellement en cours de construction dans la ville, et les 1000 logements supplémentaires prévus à La Butte Rouge.

Enfin, il nous faut également dénoncer les conséquences de la situation financière de notre ville sur le volet social.

Nous notons (avec satisfaction) que la reconstruction du centre social semble devoir être prochainement financée par le département. Nous rappelons que ce projet est promis par la majorité municipale depuis deux mandatures (12 ans !).

Nous notons également que le dispositif de péréquation de solidarité entre communes prend plus à Chatenay qu’il ne lui apporte. C’est bien la preuve que Châtenay-Malabry n’est pas dans une situation particulièrement difficile du point de vue social et du revenu de ses habitants, en comparaison d’autres communes françaises. Comme nous ne cessons de le répéter, la répartition des revenus à Châtenay Malabry reflète la distribution moyenne en Ile de France.

Chatenay n’a donc aucune raison légitime de vouloir supprimer 1500 logements sociaux à la Butte Rouge.

Ce désastre social n’est pas motivé par un nécessaire rééquilibrage socio-économique de la ville, mais par une nième déclinaison de la fuite en avant financière qui consiste à vendre des terrains et multiplier les sources de taxe foncière pour pouvoir rembourser ses emprunts et investir encore un peu. Châtenay doit donc préserver l’ensemble de son habitat social.